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L'entraîneur de basket pratiquait le chantage à la sextape sur mineurs

L'homme proche de la quarantaine était, pour les adolescents, insoupçonnable. C'est pourtant lui qui se faisait passer pour une jeune fille sur les réseaux sociaux.

Le procès d'un entraîneur de basket s'ouvrira à Lisieux mardi prochain. Cet homme de 38 ans séduisait les adolescents de son équipe en se faisant passer pour une jeune fille sur les réseaux sociaux. Avant de les menacer d'un chantage à la sextape. Des vidéos de masturbation ont notamment été tournées via la webcam des adolescents.

Dix-sept adolescents concernés

L'entraîneur qui comparaîtra pour corruption de mineurs a fait 17 victimes, dont de jeunes préadolescents. Ainsi Florent (prénom modifié) avait entretenu, alors qu'il était âgé de 11 ans, une relation avec ce qu'il croyait être une amie virtuelle. Pendant des mois, les deux correspondants ont parlé de sujets banals avant que les choses ne dégénèrent. 

"Après plusieurs mois, j'ai pris confiance, explique l'adolescent qui a aujourd'hui 14 ans. Elle (l'entraîneur qui usurpait l'identité d'une jeune fille, ndlr) m'a demandé si j'avais une webcam. Ensuite, elle m'a demandé des actes. Elle m'a dit que si je ne le faisais pas, elle connaissait mes proches et qu'elle allait diffuser des vidéos."

Autre victime, Rémi a lui aussi été victime de harcèlement. Avec le temps le jeune joueur de basket a cependant décelé des similitudes d'écriture entre son entraîneur et le faux profil de jeune fille.

"J'ai eu des soupçons, mais pour moi c'était impossible que ce soit lui. J'ai pu, à certains moments, le percevoir comme une figure paternelle, l'identifier en tant que modèle", témoigne Rémi au micro de BFMTV. 

"Il n'est jamais passé à l'acte", défend son avocat

L'homme est décrit par Me Marand-Gombar, son conseil, comme introverti et réfugié dans un monde virtuel. Il tient à préciser que son "intérêt pour les mineurs est venu de son intérêt pour Internet et non l'inverse".

"Cet homme n'est jamais passé à l'acte, il n'y a jamais eu d'agression sexuelle, il n'y a jamais eu d'attouchements sexuels", défend l'avocat du mis en examen.

Les parents se sont quant à eux regroupés pour faire face. Les conséquences psychologiques pour leurs enfants sont importantes avec par exemple une peur du suicide. Ils veulent faire du procès un exemple.

"J'espère que d'autres enfants vont se dire: 'Ah, j'ai vécu la même chose'. Et qu'il vont enfin parler à leurs parents parce qu'il faut savoir - c'est que nous - les parents ne sommes pas là pour juger, mais pour vous aider, vous accompagner. Si vous avez été victime de faits semblables, parlez à vos parents".

Dans cette affaire, les enquêteurs ont répertorié au total 12.800 contacts dans le carnet d'adresses de l'entraîneur. Quelque 2 millions de messages ont par ailleurs été saisis. L'homme n'avait pas d'antécédents judiciaires.
D. N. avec Maxime Cogny et Saber Desfarges