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"L'enfant du lac" témoigne de sa "peur" au procès

Le petit Antoine, qui avait miraculeusement survécu à une tentative de noyade par le compagnon de sa mère en mai 2008, est venu raconter sa "peur" au deuxième jour du procès de son agresseur. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard

Le petit Antoine, qui avait miraculeusement survécu à une tentative de noyade par le compagnon de sa mère en mai 2008, est venu raconter sa "peur" au deuxième jour du procès de son agresseur. /Photo d'archives/REUTERS/Eric Gaillard - -

par Guillaume Frouin LA ROCHE-SUR-YON, Vendée - Le petit Antoine, qui avait miraculeusement survécu à une tentative de noyade par le compagnon de sa...

par Guillaume Frouin

LA ROCHE-SUR-YON, Vendée (Reuters) - Le petit Antoine, qui avait miraculeusement survécu à une tentative de noyade par le compagnon de sa mère en mai 2008, est venu raconter sa "peur" au deuxième jour du procès de son agresseur.

Le jour des faits, Cédric Horneck l'avait emmené en voiture jusqu'au lac d'Apremont (Vendée) après avoir frappé puis asphyxié sa mère avec un coussin lors d'une dispute conjugale.

"Je n'ai pas posé de questions, j'avais très peur", a dit Antoine, âgé aujourd'hui de 10 ans, devant la cour d'assises de Vendée. "Quand on est arrivé au lac, il m'a demandé de regarder dans l'eau, puis m'a poussé. Je ne m'y attendais pas du tout."

"L'enfant du lac", comme l'a surnommé la presse, s'est alors débattu, pendant que le compagnon de sa mère lui maintenait la tête sous l'eau. "J'ai voulu m'accrocher au poteau du ponton mais Cédric a poussé ma main, je m'en souviens très bien."

Au même moment, dans le box des accusés, Cédric Horneck, 31 ans, fixait le sol, la tête entre les mains.

Interrogé juste avant par le président de la cour d'assises, il avait dit "ne pas avoir le souvenir" de ce détail-là.

Depuis les faits, Antoine a cessé de pratiquer la natation, son sport préféré, pour se consacrer plutôt au basket.

"Ce n'est pas parce que j'ai peur de l'eau, juste parce que j'en avais marre", a-t-il précisé, à la demande du président.

"IL SAVAIT QUE SES COUPS POUVAIENT FAIRE MAL"

Son grand-père maternel, son tuteur depuis le décès de sa mère, une aide-soignante alors âgée de 30 ans, a salué le "courage" de son petit-fils.

"Il était impressionné, mais il a répondu du mieux qu'il a pu, sans rien inventer", a dit devant les journalistes Michel Deriez à la sortie de la salle d'audience. "Pour un gamin de 10 ans, venir témoigner devant une cour d'assises, c'est quand même courageux, surtout après ce qu'il a vécu."

Plus tôt dans la matinée, une ancienne compagne de Cédric Horneck était venue témoigner de "l'impulsivité" et de la "jalousie" de l'accusé.

"Il était très gentil, mais il pouvait demander beaucoup et s'énerver facilement quand il n'avait pas ce qu'il voulait", a déclaré aux jurés Anne, une infirmière de 29 ans. "Il était aussi jaloux, et était dominant sur sa compagne."

La jeune femme a ainsi rapporté comment ce grand fumeur de cannabis, qui vivait dans "l'oisiveté", s'était "acharné" sur sa chienne, un soir où l'animal lui avait montré ses crocs.

"J'ai cru qu'il allait la tuer", a-t-elle dit. "Quand je lui ai demandé s'il était capable de me faire ça, il m'a répondu qu'il ne toucherait jamais une femme, car il savait que ses coups pouvaient faire mal."

Le verdict de la cour d'assises de Vendée est attendu vendredi.

Édité par Yves Clarisse