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L'affaire Bettencourt-Banier est close mais la saga se poursuit

Le dossier d'abus de faiblesse présumé concernant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, ouvert par une plainte de sa fille en 2007, est définitivement refermé. La fin de ce volet de l'affaire, qui doit être officialisée en juin, ne clôt cependant p

Le dossier d'abus de faiblesse présumé concernant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, ouvert par une plainte de sa fille en 2007, est définitivement refermé. La fin de ce volet de l'affaire, qui doit être officialisée en juin, ne clôt cependant p - -

PARIS (Reuters) - Le dossier d'abus de faiblesse présumé concernant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, ouvert par une plainte de sa...

PARIS (Reuters) - Le dossier d'abus de faiblesse présumé concernant l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, ouvert par une plainte de sa fille en 2007, est définitivement refermé car le parquet a décidé de jeter l'éponge, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

La fin de ce volet de l'affaire, qui doit être officialisée en juin, ne clôt cependant pas la saga. Une instruction sur les liens financiers présumés entre la milliardaire et la majorité va se poursuivre ainsi qu'une enquête sur les contrats dont bénéficiait François-Marie Banier, ami personnel de Liliane Bettencourt, à L'Oréal.

Le procureur de Bordeaux a adressé en fin de semaine une lettre aux parties dans laquelle il annonce qu'il ne soutiendra pas l'accusation d'abus de faiblesse dans le dossier visant les dons d'une valeur d'un milliard d'euros de Liliane Bettencourt à François-Marie Banier, a dit à Reuters l'avocat de ce dernier, Pierre Cornut-Gentille.

Le procureur dit prendre acte de l'accord signé en décembre dernier entre Liliane Bettencourt, sa fille Françoise Meyers et François-Marie Banier, par lequel l'artiste a renoncé à toucher environ 600 millions d'euros d'assurances-vie en échange du retrait de la plainte qui le visait.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux, qui se réunira en juin, sera donc tenu de clore cette procédure.

Il ne peut juridiquement juger et condamner dans une affaire sans accusation et sans plaignant, si elle est ouverte comme dans ce cas sur citation directe, a-t-on confirmé à Reuters de source judiciaire.

"Il n'y a plus de poursuites, le tribunal est forcément dessaisi, mon client ne peut être que satisfait mais il est frustré du fait de ne jamais avoir pu s'expliquer publiquement", a dit à Reuters Me Cornut-Gentille.

La plainte pour abus de faiblesse a déclenché au printemps dernier une saga politico-judiciaire fertile en rebondissements qui a semé le trouble au sein de la majorité et embarrassé aussi bien l'Elysée que les tribunaux.

PLUSIEURS DOSSIERS ENCORE OUVERTS

La guerre ouverte entre magistrats de Nanterre (Hauts-de-Seine) sur cette affaire a contraint la Cour de cassation à transférer tous les dossiers à Bordeaux afin de ramener la sérénité.

Le volet politique du dossier reste aux mains de trois juges d'instruction.

L'ancien ministre du Budget Eric Woerth doit être interrogé sur l'embauche de son épouse en 2007 par le gestionnaire de fortune des Bettencourt, Patrice de Maistre, et sur la Légion d'honneur qu'il a remise à l'homme d'affaires début 2008.

Il est également question d'une allégation de financement illégal de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

L'ex-comptable de Liliane Bettencourt a dit à la police avoir appris de Patrice de Maistre qu'il avait remis à Eric Woerth 150.000 euros en espèces obtenus de Liliane Bettencourt. L'Elysée nie ces faits.

Les juges d'instruction de Bordeaux ont perquisitionné dernièrement le siège de l'UMP et ont fait auditionner Patrick Ouart, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions de justice.

Le parquet de Paris poursuit également une enquête préliminaire sur les contrats de "conseil artistique" confiés en 2001 à François-Marie Banier par Lindsay-Owen Jones, alors PDG de L'Oréal, pour 405.000 euros annuels et un autre contrat dit de "parrainage", d'un montant de 305.000 euros par an.

Sous la pression de ses actionnaires, L'Oréal a mis fin à ces contrats et donc à la rémunération de 710.000 euros par an du photographe.

La police n'a pas encore auditionné François-Marie Banier, mais Me Cornut-Gentille se dit "très serein" sur cette procédure.

Par l'accord de décembre, François-Marie Banier a conservé environ 400 millions d'euros et notamment un ensemble d'appartements acquis dans le VIe arrondissement, un quartier chic de Paris. (Thierry Lévêque, édité par Laure Bretton)