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"Joyeuse" et "décalée": qui était Nadine Devillers, la première victime tuée lors de l'attentat de Nice?

Artiste passionnée de littérature, Nadine Devillers suivait des cours au théâtre du Phoenix, où elle a laissé le souvenir d'une personne rieuse et bienveillante.

"Un long manteau avec des fleurs, le jean, les baskets, la petite roulée à la main..." C'est ainsi que Sébastien Boudot nourrira la mémoire de Nadine Devillers, la première des trois victimes tuées lors de l'attaque islamiste de Nice. Son corps avait été trouvé au pied du bénitier de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption. Artiste passionnée de littérature, âgée de 60 ans au moment de l'attentat, elle suivait des cours au Théâtre du Phœnix. Certains l'y connaissaient depuis 30 ans.

"C'était une fille vraiment adorable, gentille, très douce, toujours le sourire", se souvient Béatrice Saggio, professeure de théâtre, au micro de BFMTV. Alain Clément, directeur du Théâtre du Phœnix à Nice, salue quant à lui une femme "exceptionnelle, toute en sensibilité", qui avait "une mémoire prodigieuse".

"Coup de massue"

Sébastien Boudot, ami qui la connaissait depuis plus de 4 ans, nous parle d'une femme pleine de vie, se rappelle de "sa manière de parler, avec un rire un peu pointu", ainsi que de son "côté pétillant", "rigolard" et "enfantin". Dans un portrait que lui a consacré Le Monde, sa meilleure amie décrit une vie faite de galères, après une enfance difficile dans le Var. Elle laisse derrière elle Joeffrey, l'homme avec qui elle fut en couple pendant 26 ans.

"Elle a tellement manqué d’amour étant petite qu’elle donnait dix fois plus que le commun des mortels", raconte Joëlle Guichard dans ce portrait.

"Dans la vie, c'était quelqu'un qui était un peu, je pense, isolée, (...) qui a eu, dans sa vie, pas mal d'obstacles", observe-t-il, la qualifiant à la fois de "joyeuse" et "décalée". Sébastien Boudot a d'abord appris la mort de Nadine Devillers "par mail", puis par les réseaux sociaux, comme il l'explique à BFMTV.

"C'est le coup de massue. Vous vous réveillez le matin, (...) vous vous dites, 'ça peut m'arriver à moi, ça peut arriver à n'importe qui'. Donc ça renvoit à sa propre existence. (...) Il y a la colère d'un côté et la résilience de l'autre", évoque-t-il.

Des catholiques fidèles

Comme les deux autres victimes, Nadine Devillers était une catholique pratiquante et se rendait régulièrement à l'église. Le sacristain Vincent Loquès, qui aurait dû fêter ses 55 ans le 30 octobre, ouvrait les portes de la basilique le matin. Il préparait les offices et allumait les bougies. Un homme de foi décrit par les parroissiens comme étant souriant, sympathique, calme et généreux.

Il y a enfin la franco-brésilienne Simone Barreto Silva, âgée de 44 ans lorsque le terroriste l'attaque au couteau. Mère célibataire de trois enfants, dont deux en bas âge, la victime travaillait comme aide-soignante auprès des personnes âgées. Cette ancienne danseuse de samba avait également fait une formation culinaire en 2018, durant laquelle elle avait rencontré des équipes de France Télévision.

Par Jérémie Paire avec Jules Pecnard