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Incompréhension et sidération après le refus de libération de Jacqueline Sauvage

La décision du tribunal, de rejeter la demande de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage, a suscité une incompréhension générale. Associations, soutiens et politiques ont unanimement exprimé leur colère.

Jacqueline Sauvage, condamnée à 10 ans de prison avant d'être graciée partiellement par François Hollande, va rester en prison. Le tribunal d'application des peines de Melun a rejeté sa demande de libération conditionnelle, arguant qu'elle doit poursuivre son travail de réflexion. Les juges estiment que sa position "victimaire" ne l'encourage pas à s'interroger sur sa part de responsabilité dans le fonctionnement pathologique de son couple. 

Dans la foulée, ses avocates ont dénoncé une "décision politique" et "incompréhensible".

"Une bénédiction aux hommes qui cognent"

Eva Darlan, membre du comité de soutien à Jacqueline Sauvage a exprimé "un chagrin incroyable, une révolte", sur BFMTV:

"Je suis en colère, je suis triste, je suis effondrée, c'est donner une bénédiction aux hommes qui cognent et c'est ne pas prendre en compte la parole des femmes, la souffrance et la douleur des femmes ".

Les effronté-e-s se sont déclarées "accablées et scandalisées par le rejet". "Ainsi, Jacqueline ne pourra pas retrouver ses proches et trouver enfin la paix après ces longues décennies de douleurs et de violences", regrette l'association féministe. 

Osez le féminisme! a estimé que cette décision montre que la justice est "sexiste et patriarcale", sur France Info et déplore "l'absence de compréhension des violences conjugales". "On va continuer" la mobilisation autour de Jacqueline Sauvage, a assuré Raphaëlle Rémy-Leleu, porte-parole de l'association.

Regret général

Dans le même registre, des élus ont aussi fait part de leur stupéfaction. Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, a tweeté son incompréhension quand Roger Karoutchi, sénateur (LR) des Hauts-de-Seine place un espoir de libération dans l'appel déposé par le parquet. Valérie Boyer a déploré un "message catastrophique envoyé aux femmes battues". 

Dans un communiqué de presse, le Parti socialiste assure regretter le rejet et "souhaite que sa libération conditionnelle puisse intervenir le plus rapidement possible". 

Le secrétaire national du PCF a lui aussi exprimé sa colère sur Twitter. Pierre Laurent estime que le rejet de la demande de libération offre "un permis de frapper pour tous les hommes violents". 

"Tout ça doit être revu par le législateur"

Après la colère, c'est la question juridique encadrant les femmes battues qui a été brièvement évoquée. "Les effronté-e-s exigent que soit enfin pris en compte le syndrome de la femme battue qui développe un stress post-traumatique, induisant des mécanismes de défense incompris par la Justice". Dans le même sens, Roger Karoutchi, sénateur LR des Hauts-de-Seine a estimé sur BFMTV:

"On a un problème sur la légitime défense, sur les violences faites aux femmes, sur les violences liées à la famille en interne, tout ça doit être revu par le législateur". 

En mars dernier, Valérie Boyer avait déposé une proposition de loi pour protéger les femmes victimes de violences conjugales. L'élue LR souhaitait que ce soit mis en place une "irresponsabilité pénale" pour ces femmes.

M.L.