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"Il a mis son arme sous son menton": le forcené de Dordogne était dans une "logique suicidaire"

Un appel à témoins a été lancé pour retrouver Terry Dupin, le forcené recherché en Dordogne

Un appel à témoins a été lancé pour retrouver Terry Dupin, le forcené recherché en Dordogne - BFMTV

Le forcené, interpellé après 36 heures de traque, était dans une "logique suicidaire", selon les gendarmes. L'homme a plusieurs fois mis le canon de son arme "sous son menton", selon le patron du GIGN.

Terry Dupin a été interpellé ce lundi en milieu de journée, après 36 heures de traque en Dordogne. La fin d'une cavale qui avait commencé dimanche au Lardin-Saint-Lazare et qui s'est arrêtée dans la commune voisine de Condat-sur-Vézère.

"Il était toujours dans la logique suicidaire", a d'abord déclaré le général André Pétillot, commandant de la zone de défense et de sécurité de Bordeaux, à l'issue d'une bref point de presse ce lundi.

Une "logique suicidaire" confirmée par le général Ghislain Réty. Invité ce lundi sur BFMTV, le commandant du GIGN raconte que ses hommes ont vu à plusieurs reprises le fugitif prendre son arme et la mettre "sous son menton".

"Peut-être que c'était pour mimer, mais en tout cas il y avait une probabilité forte qu'il appuie sur la queue de détente", relate le général Ghislain Réty sur notre antenne. Selon lui, "l'individu a très certainement voulu au départ se suicider et finalement il en revient à en faire usage sur les forces de sécurité, sur le GIGN qui était quasiment au contact."

"Suicide by cop"

Sur BMFTV, le commandant du GIGN avance deux hypothèses: "soit il n'a pas eu le courage [...] soit c'est ce qu'on appelle le 'suicid by cop', c'est-à-dire qu'il tire sur le GIGN en se disant que de toute façon il va devoir riposter, ils n'ont pas d'autres solutions pour assurer leur sécurité et c'est ce qui s'est fait". Une "mode qui vient des États-Unis", selon les dires de Jacques Morel, ancien patron de la section de recherche de Versailles.

"Ce sont des gens qui veulent se confronter et partir à l'occasion d'un échange de tirs avec les forces de l'ordre", développe encore le général de gendarmerie. "À plusieurs reprises on s'est demandé sur l'affaire de la Chapelle-sur-Erdre si le tireur était également dans cette même démarche [...] Visiblement celui-ci aussi avait décidé de mourir dans ces conditions".

"Pas d'autre choix que de faire usage de ses armes"

Repéré par plusieurs habitants qui ont signalé sa présence à Condat-sur-Vézère grâce à l'appel à témoins, Terry Dupin a alors tiré à plusieurs reprises sur des gendarmes. Ces derniers ont alors procédé à un encerclement de la zone où il s'était retranché et ont tenté de négocier pendant quelques minutes avec le forcené, en vain.

"Il est dans cette bulle jusqu'au-boutiste où la négociation n'aboutit pas, ne réussit pas [...] on choisit la confrontation armée et on n'a pas d'autre choix que de faire usage de ses armes à ce moment-là", explique le général Ghislain Réty.

Le Pr Antoine Pelissolo est plus prudent sur l'interprétation qu'il donne au comportement du fugitif: "on est face à un état de crise, il a probablement peu dormi, c'est difficile d'interpréter ce comportement comme sa psychologie profonde".

Blessé assez gravement à la gorge au cours de son interpellation, Terry Dupin a été pris en charge médicalement et évacué vers un centre hospitalier. "On attend des nouvelles rassurantes", conclut le général Ghislain Réty, "il est dans la main des médecins et j'espère que très rapidement il pourra être mis dans la main des enquêteurs et de la justice pour qu'il réponde de ses actes".

Hugues Garnier Journaliste BFMTV