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Huit personnes sont séquestrées chaque jour en France

Un gendarme à Sevran, en Seine-Saint-Denis, en mai 2011. (photo d'illustration)

Un gendarme à Sevran, en Seine-Saint-Denis, en mai 2011. (photo d'illustration) - Etienne Laurent - AFP

La séquestration est une pratique de plus en plus courante lors des cambriolages, à domicile ou dans les petits commerces. En 2014, 3.000 personnes ont ainsi été séquestrées par des malfaiteurs. Un chiffre en très forte hausse.

Le phénomène inquiète fortement les services de police. En l'espace de quelques années, les séquestrations se sont banalisées en France, jusqu'à atteindre le chiffre de 3.000 personnes séquestrées en 2014, soit huit par jour. C'est deux fois plus qu'il y a deux ans, selon les calculs de l'Observatoire national de la délinquance

Nouvelles pratiques criminelles

"Aujourd'hui, certains faits qui n'étaient pas qualifiés de séquestrations avant, le sont désormais, ce qui fait augmenter les données policières. Et puis il y a une deuxième hypothèse: les sites des banques, les commerces, se sont durcis, donc on s'attaque beaucoup plus aux particuliers", fait valoir le directeur de l'Observatoire national de la délinquance, Christophe Soullez, interrogé par BFMTV. Autrement dit, la surprotection des banques et des magasins a entraîné la raréfaction des braquages de petite ampleur, et l'émergence de nouvelles formes de hold-up. 

Le rapt et la séquestration sont ainsi devenus une pratique courante lors des cambriolages, et sont de plus en plus utilisés par des malfaiteurs, généralement déjà connus pour des services de police pour des actes de petite ou moyenne délinquance, pour parvenir à leurs fins. Menacées, ligotées, parfois pendant plusieurs heures, les victimes assistent, impuissantes, au vol de leurs biens, ou sont contraintes de donner des indications aux cambrioleurs, comme leurs codes de cartes bleues. 

Les particuliers en première ligne

En première ligne côté victimes: les bijoutiers et autres petits commerçants indépendants, qui n'ont pas les moyens de s'équiper en systèmes de sécurité dernier cri, et sont généralement retenus pour quelques centaines d'euros.

Ces particuliers sont parfois attaqués à leur domicile. C'est le cas de Patrick et Geneviève Oriol, rencontrés par BFMTV. Le 25 mai dernier, le couple est réveillé en pleine nuit par quatre hommes cagoulés et armés de tournevis. Pendant que Patrick est dépouillé de ses cartes bancaires et de ses téléphones, son épouse est séquestrée dans la chambre. Au bout de deux heures, les cambrioleurs repartent avec du cash, les clés de la voiture du couple et de leur commerce, un bureau de tabac. Les deux buralistes, qui n'ont pas subi de violences, ont déposé plainte pour vol et séquestration.

L'auteur d'une séquestration encourt jusqu'à 5 ans de prison s'il libère sa victime avant sept jours. Au-delà, il risque la cour d'assises, et 10 ans d'emprisonnement. 

Adrienne Sigel, avec Sarah-Lou Cohen et Maxime Meunier