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Homophobie: l'exposition "les couples de la République" saccagée à Toulouse

Les photos d'Olivier Ciappa ont été vandalisées

Les photos d'Olivier Ciappa ont été vandalisées - DR

Plusieurs photos montrant divers visages de couples, homosexuels et hétérosexuels, ont été saccagées dans la nuit de vendredi à samedi à Toulouse.

En colère, dépité. Le photographe Olivier Ciappa a dénoncé ce samedi sur les réseaux sociaux la destruction de son exposition, "Les couples de la République".

Plusieurs photos de l'artiste étaient exposées depuis le début de la semaine dernière sur les grilles du jardin du Grand Rond, à Toulouse. Les images, qui montrent, selon l'auteur, "des célébrités qui posent en couples imaginaires gays", des couples hétéros, "des couples de tous âges, de différentes couleurs..." ont été taguées et déchirées dans la nuit de vendredi à ce samedi.

"Un acte de violence, de rage"

Des messages comme "Honte" ou "PD", ont été inscrits sur les photos avec des bébés et sur la banderole de l'association L'Autre cercle Midi-Pyrénées, qui a fait venir l'exposition.

Prévenu par des riverains, le photographe est "en colère". "C'est un acte de violence, de rage, des visages ont été effacés, découpés", déplore-t-il auprès de BFMTV.com. Mais l'artiste n'est pas vraiment surpris, si son exposition a été exposée dans de nombreux pays, elle avait déjà été prise pour cible à Paris.

"Il faut faire passer un message à l'attention de ceux qui martèlent qu'il n'y a pas d'homophobie en France. Je fais ces photos pour éduquer la rétine des gens, pour ceux qui n'ont pas envie de voir même s'ils se pensent ouverts", explique Olivier Ciappa.

"Ils nous ont dit ne pas être homophobes"

Le premier a avoir donné l'alerte est un riverain. Frédéric Reverdy rentrait chez lui avec son épouse autour de minuit quand il a aperçu "des jeunes avec des pancartes sous le bras". Pour BFMTV.com, il décrit cinq garçons et une fille de 18-20 ans qui auraient dit agir parce qu'ils étaient "contre la promotion de ce style de vie".

"Ils nous ont dit ne pas être homophobes (...) mais pas d'accord avec 'le changement qui s'opère'", explique Frédéric Reverdy qui n'a pas vu de photos taguées à ce moment là et n'exclut pas que plusieurs groupes aient agi. En tant que riverain, il veut "défendre le droit d'être différent sans être jugé" et a immédiatement contacté l'artiste.

Olivier Ciappa entend porter plainte, il assure que la mairie de Toulouse a la même intention et l'association l'Autre cercle Midi-Pyrénées a assuré auprès de BFMTV.com vouloir en faire de même. Eric Raynier, le président de cette association qui lutte contre l'homophobie se dit "choqué, heurté". "Ces combats ne sont pas derrière nous, il y a encore un climat d'intolérance", assure celui qui savait que l'exposition susciterait le débat sans envisager une "destruction massive" de l'exposition.

Les photos abîmées vont être réimprimées et réaffichées dès ce lundi. L'ancienne ministre Roselyne Bachelot et Audrey Pulvar, qui avaient posé pour le photographe, ont fait part de leur soutien sur Twitter.

Aurélie Delmas