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Forcené abattu par les forces de l'ordre: cinq policiers en garde à vue

Un forcené a été abattu par des policiers à Échirolles, en Isère, vendredi 28 octobre 2016

Un forcené a été abattu par des policiers à Échirolles, en Isère, vendredi 28 octobre 2016 - Jean-Pierre Clatot - AFP

Cinq policiers ont été placés en garde à vue plusieurs heures, ce samedi, après qu'un forcené a été abattu par les forces de l'ordre vendredi soir à Échirolles, en Isère. La famille dénonce une bavure.

Légitime défense, ou bavure? Cinq policiers ont été placés en garde à vue plusieurs heures, après qu'un forcené a été abattu de cinq balles vendredi soir par les forces de l'ordre à Échirolles, près de Grenoble, en Isère, a annoncé ce samedi le parquet. L'Inspection générale de la police nationale a été saisie, comme c'est habituel dans de telles affaires.

"De nombreux éléments demandent à être établis et il s'agit de mener une enquête objective, indépendamment de la polémique actuelle", a déclaré le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, en référence aux récentes manifestations de policiers protestant contre le manque de moyens et le "laxisme" de la justice.

"Excité" sous l'effet de l'alcool

Selon les premiers éléments de l'enquête, les cinq hommes, membres de la Brigade anti-criminalité et de la section d'intervention, intervenaient en début de soirée sur un différend de voisinage dans ce quartier pavillonnaire. Un voisin, apparemment en état d'ivresse, en aurait menacé un autre avec une machette.

Au moment de leur arrivée, l'homme âgé de 52 ans, "excité" semble-t-il sous l'effet de l'alcool, se trouvait dans son jardin. Le quinquagénaire aurait menacé les policiers avec une machette, puis avec une "arme sortie de derrière son dos", a expliqué le magistrat au Dauphiné Libéré

"Plusieurs projectiles dans le thorax et dans la tête"

Les policiers "positionnés en deux colonnes derrière deux boucliers balistiques" ont alors fait feu avec "un fusil d'assaut HK G36 et au moins un pistolet automatique, dont chacun était équipé", a-t-il ajouté. Le quinquagénaire "a reçu plusieurs projectiles dans le thorax et dans la tête" et une autopsie a été ordonnée "pour déterminer la trajectoire" des balles.

"L'enquête a bien avancé avec l'audition d'un témoin. Ils sont fatigués, car la nuit a été longue, mais sereins sur leur intervention", a déclaré Valérie Mourier, secrétaire départementale du syndicat Alliance.

"Pour moi, c'est une grosse bavure"

La famille dénonce une bavure. "Mon père était un bon père de famille, un homme sans histoire, un bon vivant", a déclaré aux médias présents l'un des fils, encore sous le choc et qui n'a pas donné son nom. Il assuré que la famille allait porter plainte. La police lui a dit "que les policiers auraient tenté de le maîtriser avec un taser mais cela n'aurait pas marché".

"Pour moi, c'est une grosse bavure (...) Cinq balles! Ils auraient pu le blesser au lieu de le tuer directement. Ce n'était pas un homme méchant; comment cela peut être permis de tuer les gens comme ça (...) Que justice soit faite! Je suis en colère, je leur en veux", a déclaré samedi sa veuve, Coralie, au micro de RTL.

La "légitime défense" ne fait "aucun doute"

Mais pour les syndicats de police la "légitime défense" ne fait "aucun doute": "Lorsque collectivement, cinq policiers, qui sont face à un individu dangereux, tirent en même temps, c'est qu'ils n'ont aucun doute sur le fait qu'il va faire usage de son arme et qu'il va tirer sur l'un d'entre eux", a déclaré Daniel Chomette, secrétaire général du syndicat SGP police-FO.

"C'est de l'ordre d'une fraction de seconde. Les policiers sont dans un état de stress et de vigilance absolue dans ces situations. La légitime défense était proportionnée et simultanée, en riposte", a ajouté le syndicaliste. "Il y a des témoins. Nous sommes confiants".

Céline Hussonnois-Alaya avec AFP