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Enquête ouverte après des tweets racistes contre une jeune fille choisie pour incarner Jeanne d'Arc

La jeune fille a été choisie parmi quelque 250 candidates. (Photo d'illustration)

La jeune fille a été choisie parmi quelque 250 candidates. (Photo d'illustration) - Christophe Archambault - AFP

Une enquête préliminaire a été ouverte pour incitation et provocation à la haine raciale afin de retrouver les auteurs de deux publications injuriant Mathilde Edey Gamassou, une jeune Orléanaise de 17 ans choisie pour incarner Jeanne d'Arc.

Lundi dernier, Mathilde Edey Gamassou, une Orléanaise de 17 ans, a été choisie pour incarner Jeanne d'Arc lors des fêtes johanniques du 8 mai prochain. Le fait qu'une jeune femme métisse incarne le personnage historique n'a manifestement pas été digéré par certains tenants de la droite identitaire, qui se sont déchaînés sur les réseaux sociaux à coups de commentaires racistes, haineux et injurieux.

"Moche à crever", "tête de babouin", photo de bananes, "envahisseurs", "reconstruction historique"… Des publications dont certaines tombent sous le coup de la loi. Une enquête préliminaire a été ouverte par le procureur de la République Nicolas Bessone pour incitation et provocation à la haine raciale, révèle France Bleu Orléans ce vendredi.

Deux comptes visés

Le procureur a saisi les policiers de la direction départementale de la sécurité publique pour retrouver les utilisateurs qui se cachent derrière deux comptes en particulier, dont les tweets "relèvent clairement de l'application de la loi pénale", a-t-il déclaré à la radio.

Une fois les personnes identifiées, le procureur veut "engager des poursuites notamment quand on assimile cette jeune fille à un babouin, ce qui est tout à fait scandaleux".

Mathilde Edey Gamassou, qui a des origines polonaises par sa mère et béninoises par son père, a été choisie parmi quelque 250 candidates.

"Cette attaque sur les personnes, je trouve ça odieux", a confié à RMC Bénédicte Baranger, présidente du comité Jeanne d'Arc. "Cette année, nous avions des candidatures différentes, comme tous les ans, et Mathilde s'est imposée à nous. Non pas dans un souci de remplir une pseudo obligation d'ouverture, elle a été choisie pour ses qualités", a-t-elle assuré. 

La jeune fille répond aux quatre critères fixés par le comité: résider à Orléans depuis dix ans, être scolarisée dans un lycée de la ville, être catholique et donner du temps aux autres.

"Elle portera notre histoire de France à tous"

"Il n'y a aucune provocation, elle portera notre histoire de France à tous, comme l'ont fait les autres Jeanne avant elle. (...) Cette jeune fille a été choisie pour ce qu'elle est, une personnalité intéressante et un esprit bien fait", a-t-elle insisté.

En réponse au déferlement d'insultes racistes, la jeune femme a reçu de nombreux soutiens, comme celui de Marlène Schiappa. "Jeanne d'Arc n'appartient pas aux identitaires. L'Histoire de France non plus. (...) La haine raciste de la fachosphère n'a pas sa place dans la République française", a tweeté la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes.

Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT a lui aussi apporté son "complet soutien" à la future Jeanne d'Arc. "Non aux extrémistes identitaires! Jeanne d'Arc est une figure populaire, elle n'appartient pas aux groupuscules racistes", a-t-il dit.

Le maire de la ville Olivier Carré a quant à lui rappelé qu' "en 2018 comme depuis 589 ans, le peuple d'Orléans célèbre Jeanne d'Arc par une jeune femme qui évoque son courage, sa foi et sa vision." "Mathilde possède toutes ses qualités", a-t-il tranché.

Liv Audigane