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Disparues de Perpignan: "si elles étaient vivantes, elles se seraient manifestées"

Le procureur adjoint de la République à Perpignan, Luc-André Lenormand, lundi en conférence de presse.

Le procureur adjoint de la République à Perpignan, Luc-André Lenormand, lundi en conférence de presse. - -

Le procureur adjoint de Perpignan a confirmé mardi le suicide de Francisco Benitez, dont l'épouse et la fille n'ont pas donné signe de vie depuis le 14 juillet, et indiqué que les enquêteurs étaient toujours sans nouvelle des deux femmes.

"Depuis la découverte du corps de Francisco Benitez, Marie-Josée et Allison ne se sont pas manifestées. Si elles étaient vivantes et libres de leur mouvements, elles se seraient manifestées en l'apprenant." Le procureur adjoint de Perpignan, Luc-André Lenormand, n'a pas caché son pessimisme sur le sort de Marie-Josée Benitez et de sa fille Allison, disparues depuis le 14 juillet.

Francisco, leur mari et père, un adjudant-chef de la légion étrangère, a été retrouvé mort lundi matin dans les sanitaires de la caserne où il était en garnison. Luc-André Lenormand confirme que l'homme "s'est donné la mort par pendaison", dans son uniforme, et "le visage dissimulé par un voile noir". Il a été découvert par "un collègue militaire, adjudant".

"Il s'agit d'un suicide"

"Il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'un suicide. Pour preuve, la présence d'un courrier où il déclare qu'il met volontairement fin à ses jours, donne ses dernières recommandations, à savoir qu'il veut être incinéré, et donne les numéros de téléphone de proches qui seront à même de procéder aux formalités d'inhumation", indique Luc-André Lenormand.

Autrement, "aucun autre élément" sur le père de famille n'a été retrouvé hormis une "vidéo posthume", envoyée au magazine Paris Match, dans lequel Francisco Benitez se dit étranger à la disparition. "Dans le courrier, il continue de clamer son innocence, à savoir qu'il n'est pour rien dans la disparition d'Allison et de Marie-Josée Benitez", précise le magistrat.

Un témoin capital

La parole de Francisco Benitez, "témoin capital", va manquer. "C'est lui qui a vu pour la dernière fois son épouse et sa fille" avant leur disparition, indique Luc-André Lenormand. Le 14 juillet, il était "allé chercher Allison à Canet en Roussillon", où la jeune fille, candidate à l'élection de Miss Roussillon, prenait "un repas en compagnie des membres du comité d'organisation".

Dans la déposition qu'il a faite le 25 juillet, Francisco Benitez indique que ce jour-là, il a "ramené sa fille à leur domicile de Perpignan. Là, il a trouvé sa femme en train de préparer une valise", relate le procureur adjoint. "Madame Benitez et sa fille se sont alors enfermées dans une chambre, où elles auraient eu un conciliabule, puis sont redescendues et ont dit à Francisco: 'on s'en va'. Lui n'a rien demandé."

A 17h17 ce même 14 juillet, une des deux autres filles de Marie-Josée Benitez, demi-soeur d'Allison, reçoit un texto provenant du portable de sa mère: "C'est une décision difficile à prendre, mais nous partons à Toulouse." "Mais rien ne dit que c'est elle qui a envoyé le texto", précise Luc-André Lenormand. "Les policiers sont en train de géolocaliser son envoi." Les deux portables, celui de Marie-José et celui d'Allison, sont coupés peu de temps après.

"Pas de procédure de divorce en cours"

Francisco Benitez n'a signalé la disparition de sa femme et de sa fille au commissariat que "le 22 juillet au matin". "Il n'y a pas eu de main courante. Il venait simplement pour signaler verbalement la disparition de son épouse et de sa fille. Ce n’est que le 25 juillet qu’il a été entendu et qu’il a signé une déposition", indique encore le procureur.

Suspect? Le magistrat refuse d'aller plus avant sur cette hypothèse. "Le couple était en instance de séparation, mais aucune procédure de divorce n'était en cours", précise-t-il. "Il n'a pas non plus d’antécédents de violences dénoncés par Madame Benitez dans les semaines qui ont précédé sa disparition."

Mathilde Tournier