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Disparition de Mathis: Sylvain Jouanneau condamné à 20 ans de prison

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Au terme d'un procès éprouvant, le père du petit garçon a été condamné jeudi à 20 ans de réclusion criminelle pour l'enlèvement et la séquestration de son propre fils. Une peine conforme aux réquisitions de l'avocat général.

Sylvain Jouanneau, 41 ans, le père du petit Mathis, accusé d'avoir enlevé et de séquestrer son fils de 8 ans, a été condamné à 20 ans de prison jeudi. "Ces faits odieux (sont) d'autant plus inexplicables que (l'accusé) venait de voir ses droits de père rétablis" progressivement par la justice, a estimé l'avocat général Pascal Chaux devant les assises du Calvados à Caen. L'accusé a fait subir des "violences psychologiques, une emprise" à l'enfant, a ajouté Pascal Chaux.

Nathalie Barré, la mère de l'enfant, a réclamé à la barre "la plus forte peine" pour l'accusé qu'elle a longtemps pensé bon père. Sylvain Jouanneau, qui encourait 30 ans, écope de la peine maximale prévue par la loi dans son cas, étant donné qu'une altération de son comportement a été retenue par la cour. Une loi de 2014 prévoit en effet une réduction d'un tiers de la peine maximale lorsqu'il y a altération de discernement.

Cette peine de 20 ans couvre également les menaces de mort sur une ancienne compagne qui l'avait quitté en 2011. "Je suis un peu ému. Pendant que vous choisissez, je vais penser à Mathis", a dit, les yeux rougis, l'accusé, "manipulateur" selon la partie civile, à la cour, avant que celle-ci ne se retire.

"Je continuerai le combat pour retrouver mon fils"

"Je pense qu’il (Sylvain Jouanneau) fera appel. (…) Je continuerai mon combat pour retrouver mon petit garçon", a ajouté à la sortie du tribunal la mère de Mathis. "Je peux dire maintenant que j’ai tourné la page avec monsieur Jouanneau (…) Je ne lâcherai rien, je continuerai à garder l’espoir de retrouver Mathis. C’est un soulagement pour nous que les quatre jours (du procès) soient terminés. C’était très éprouvant, très fatigant", a également indiqué Nathalie Barré à BFMTV.

Mathis toujours introuvable

Sylvain Jouanneau n'a pas ramené Mathis chez sa mère comme il aurait dû le faire le 4 septembre 2011. Il affirme avoir confié l'enfant à des tiers à l'étranger. A l'en croire, Mathis "va bien", il ne l'a "pas tué". L'enfant aurait changé de nom et se serait converti à l'islam, comme son père en 2006. Mais où est l'enfant? Malgré les demandes répétées des proches de Mathis, épuisés nerveusement, et celles des magistrats, Sylvain Jouanneau n'a pas répondu pour, dit-il, "protéger" ceux à qui il a remis son fils.

"C'est du vent. Il nous enfume (...) J'ai peur pour la vie" de l'enfant, a plaidé jeudi Aline Lebret, l'avocate de la mère de Mathis. "S'il est vivant, il est massacré". A la présidente, Antoinette Lepeltier-Durel, qui lui demandait pourquoi il ne parlait pas, l'accusé a répondu: "ça ne changerait rien".

Une autre instruction en cours, pour homicide

Pour les policiers, son courrier de 2011 affirmant qu'il a confié Mathis à des "complices sûrs et puissants" est peu crédible pour cet homme sans amis. "Tout le monde pense qu'il a tué son fils" mais "ne nous trompons pas de procès. Il n'est pas renvoyé pour homicide", a souligné Véronique Demillière l'avocate de la défense.

Une autre instruction est en cours, contre X, pour homicide dans cette affaire. Pour elle, il s'agit juste d'une soustraction d'enfant. En 2012, "439 enfants ont été enlevés par leurs parents" en France, sans que ceux ci ne soient renvoyés devant les assises, selon elle.

la rédaction avec AFP