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Deux Femen poursuivies pour exhibition sexuelle devant l'Arc de Triomphe relaxées en appel

Deux militantes des Femen avaient manifesté torse nu devant l'Arc de Triomphe, à la veille des commémorations du centenaire de l'armistice en novembre 2018.

Deux militantes des Femen avaient manifesté torse nu devant l'Arc de Triomphe, à la veille des commémorations du centenaire de l'armistice en novembre 2018. - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

La cour d'appel de Paris a relaxé ces deux femmes, considérant que leur condamnation en première instance constituait "une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression".

Deux militantes des Femen qui étaient poursuivies pour exhibition sexuelle, après avoir manifesté torse nu devant l'Arc de Triomphe, à la veille des commémorations du centenaire de l'armistice en novembre 2018, ont été relaxées ce mercredi en appel.

La cour d'appel de Paris les a relaxées en considérant que leur condamnation en première instance constituait "une atteinte disproportionnée à la liberté d'expression", a expliqué la présidente.

Un usage politique et non sexuel de leur corps

En mai 2019, les deux étudiantes au casier judiciaire vierge avaient écopé d'une amende de 1000 euros avec sursis chacune. Comme toutes les Femen jugées pour leurs actions, elles revendiquaient un usage politique, et non sexuel de leur corps.

"Ces poursuites (pour exhibition sexuelle) sont incompréhensibles et d'une violence inouïe pour des militantes féministes", a déclaré à l'AFP leur avocate Valentine Rebérioux, qui s'est dite "extrêmement satisfaite" de cette décision. "Le parquet devrait comprendre définitivement que les Femen ne commettent aucun délit lorsqu'elles manifestent", a-t-elle ajouté.

Dénoncer "l'hypocrisie" des dirigeants

En novembre 2018, la célébration du centenaire de l'armistice à Paris, à laquelle étaient invités plus de 70 chefs d'Etat, avait été marquée par deux actions coups de poing du mouvement féministe, pour dénoncer "l'hypocrisie" d'une "cérémonie surréaliste pour la paix" où étaient conviés des dirigeants responsables de conflits.

La veille du grand rassemblement, un premier trio de militantes avait brièvement manifesté devant l'Arc de Triomphe en criant "Welcome war criminals", le torse peint des slogans "Fake peacemakers" ("faux pacificateurs") et "Real dictators" ("véritables dictateurs").

Le lendemain, trois autres Femen avaient déjoué la sécurité des commémorations en faisant irruption sur les Champs-Elysées au passage de la limousine de Donald Trump. Poursuivies elles aussi pour "exhibition sexuelle", elles avaient été relaxées de ce chef en première instance. Une décision dont le parquet a fait appel.

La relaxe de ce mercredi "va dans le sens de ce qui a déjà été décidé par la Cour de cassation" concernant les Femen, a estimé Me Rebérioux.

En février 2020, la Cour de cassation, plus haute juridiction française, avait relaxé définitivement l'ancienne militante Iana Zhdanova, poursuivie après avoir décapité seins nus la statue de Vladimir Poutine au musée Grévin.

S.B.-E. avec AFP