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Deux étrangers, dont un Français, tués à Madagascar

Une plage au nord de Madagascar

Une plage au nord de Madagascar - -

PARIS (Reuters) - Deux étrangers, dont un Français, ont été tués jeudi sur l'île de Nosy Be à Madagascar par des émeutiers qui les...

PARIS (Reuters) - Deux étrangers, dont un Français, ont été tués jeudi sur l'île de Nosy Be à Madagascar par des émeutiers qui les soupçonnaient de se livrer à un trafic d'organes, ont annoncé les autorités françaises qui appellent leurs ressortissants à la vigilance.

"Deux étrangers sont décédés, nous avons confirmation de la nationalité française de l'un d'entre eux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, lors d'un point presse.

Une source au sein du ministère de l'Intérieur avait fait état un peu plus tôt de la mort de deux Français, lynchés et brûlés sur une plage de l'île de Nosy Be.

C'est la découverte d'un corps d'enfant qui aurait déclenché les émeutes, les deux Français étant soupçonnés de trafic d'organes par les émeutiers, indiquait cette source.

"Nous comptons sur la justice malgache pour faire toute la lumière sur les circonstances exactes de ces événements et avons demandé aux autorités malgaches de prendre les mesures pour assurer la sécurité de nos ressortissants sur place", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay.

Des messages de vigilance ont été envoyés aux quelque 700 Français résidant à Nosy Be ainsi qu'aux touristes présents sur l'île. L'école française a été temporairement fermée.

Le Quai d'Orsay recommande désormais aux personnes présentes à Nosy Be de ne pas se déplacer et à celles qui ont prévu de s'y rendre de différer provisoirement leur visite.

Située au large de la côte nord-ouest de Madagascar, Nosy Be est connue pour ses eaux turquoises et ses plages de sable blanc qui en ont fait un lieu de villégiature prisé des touristes, essentiellement français et italiens.

Le tourisme sexuel et la prostitution des mineurs y font des ravages.

Nicolas Bertin et Marine Pennetier, avec Richard Lough à Nairobi, édité par Yves Clarisse

Un corps d'un enfant de 8 ans retrouvé sans langues, ni sexe

Les émeutes ont commencé mercredi à la suite de la disparition d'un garçon de 8 ans. Convaincue que son ravisseur était détenu à la gendarmerie de Hell-Ville, la capitale de l'île, une foule en colère s'est regroupée pour réclamer sa tête. Les gendarmes se sont défendus, affirmant avoir tiré en l'air pour disperser la foule, mais au moins une personne a été tuée et deux autres blessées. Jeudi matin, « le corps sans vie du garçon de 8 ans, disparu vendredi a été retrouvé sans sexe ni langue », a affirmé l'adjoint du commandant de la gendarmerie. « Puis, les émeutiers ont soupçonné deux vazahas d'être les auteurs de ce meurtre et de se livrer au trafic d'organes dans la ville de Nosy-Be Hell-Ville ». La foule s'en est pris par ailleurs aux maisons des gendarmes, dont « huit ont été déjà incendiées par les émeutiers », selon le général de gendarmerie.

Tout déplacement à Nosy Be déconseillés

Le consulat de France à Madagascar a fortement déconseillé à ses ressortissants tout déplacement à Nosy Be « jusqu'à nouvel ordre, tout particulièrement sur les plages ». Selon le site d'information malgache en ligne orange.mg, un témoin a précisé que la foule avait ciblé les deux hommes car elle les soupçonnait d'avoir commandité l'enlèvement de l'enfant mais sans vouloir s'en prendre particulièrement à des étrangers. Située au large de la côte nord-ouest de Madagascar, Nosy Be est connue pour ses eaux turquoises et ses plages de sable blanc qui en ont fait un lieu de villégiature prisée des touristes, essentiellement français et italiens. Le tourisme sexuel et la prostitution des mineurs y font des ravages.

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