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Critiqué dans l'affaire Geneviève Legay, le procureur de Nice bientôt rétrogradé ?

Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, au palais de Justice de Nice, le 19 janvier 2017.

Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, au palais de Justice de Nice, le 19 janvier 2017. - VALERY HACHE / AFP

La Chancellerie a proposé sa nomination près de la cour d'appel de Lyon en tant qu'avocat général. Si cette mutation est validée par le CSM, il s'agirait d'une rétrogradation pour le magistrat niçois.

Mis en cause dans sa gestion de l'affaire Geneviève Legay, cette manifestante de 73 ans blessée lors d'une manifestation des gilets jaunes, le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre pourrait bientôt être muté près de la cour d'appel de Lyon, selon des informations de Libération confirmées par la Chancellerie auprès de BFMTV.com.

Rétrogradation

Jean-Michel Prêtre pourrait rejoindre la cour d'appel de Lyon, en devenant avocat général. Cette mutation doit être examinée en septembre par le Conseil supérieur de la magistrat (CSM). Comme le fait remarquer Libération, il s'agirait d'une rétrogradation puisque l'actuel procureur se retrouverait alors sous les ordres d'un procureur général. La nomination a été faite par la Chancellerie, et est donc une forme de désaveux pour celui qui était à la tête du parquet de la cité azuréenne depuis quatre ans.

Il faut dire que les questions gênantes se sont accumulées ces derniers mois pour le magistrat. D'après des informations du Monde, son domicile a été perquisitionné par le Parquet national financier en décembre dernier dans le cadre d'une enquête pour trafic d'influence et corruption relative à la succession d'un célèbre palace de Nice, le Negresco.

Conclusions hâtives

Mais c'est bien sa gestion de l'affaire Geneviève Legay qui l'a mis sous le feu des critiques. Sans attendre les conclusions de l'enquête préliminaire, le procureur de Nice avait déclaré en mars que "cette dame n’a[vait] pas été en contact avec les forces de l’ordre (...), qu'elle n'a pas été touchée par les forces de sécurité, ni par un bouclier, ni par un homme." Il s'en est ensuite justifié en déclarant ne pas avoir voulu avoir "des divergences trop importantes" avec Emmanuel Macron.

Des affirmations qu'il a dû rapidement démentir quatre jours plus tard, en reconnaissant qu'il y a bien eu "un contact direct entre un membre des forces de l'ordre et madame Legay." Mediapart avait ensuite révélé que la policière chargée de l'enquête n'était autre que la compagne du commissaire chargé des opérations lors de la manifestation des gilets jaunes. Les défenseurs de la militante d'Attac avait alors dénoncé un "conflit d'intérêt".

Esther Paolini