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Conflans: l'avocat du parent d'élève assure que son client "n'a jamais eu de velléité de violences"

Ce parent d'élève avait appelé à la mobilisation contre l'enseignant après son cours de liberté d'expression au cours duquel il avait montré les caricatures de Mahomet.

Après plusieurs jours de garde à vue, sept personnes ont été mises en examen ce mercredi dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine. Parmi eux, le père d'une élève de Samuel Paty qui a échangé à plusieurs reprises avec le terroriste avant l'attaque, par téléphone et par messages.

Poursuivi pour "complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste", ce parent d'élève avait appelé à la mobilisation contre l'enseignant après son cours sur la liberté d'expression au cours duquel il avait montré les caricatures de Mahomet. Dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, il appellait à l'exclusion de l'enseignant.

"Il est aujourd'hui clair que le professeur était désigné comme une cible sur les réseaux sociaux au moyen de manoeuvre et de réinterprétation des faits", a ainsi déclaré le procureur antiterrotiste lors d'une conférence de presse mercredi après-midi.

"Sensibiliser sur une discrimination"

"Mon client est bouleversé par l'attentat", affirme sur BFMTV son avocat Nabil El Ouchikli. "Mais il est serein face aux accusations qui sont portées contre lui car les investigations déjà menées et les suivantes permettront de démontrer qu'il n'a jamais eu de velléité de violences à l'égard de Samuel Paty."

Dans plusieurs messages, l'homme livre des faits donc sa fille a prétendument été victime durant cette classe: il a notamment affirmé que l'adolescente a été exclue du collège pour s’être rebellée contre le cours sur la liberté d’expression. Or, la présence même de l'adolescente à ce cours pose question, plusieurs signes montrant qu'elle aurait été absente pour cause de maladie.

"Mon client n'a jamais voulu remettre en cause la liberté d'expression et les caricatures", poursuit l'avocat. "Il a diffusé la vidéo pour sensibiliser ce qu'il estimait être une discrimination envers sa fille. Ensuite la vidéo a été diffusée et rediffusée puis reprise par une personne radicalisée."

Des échanges avec l'assaillant

Les enquêteurs s'intéressent par ailleurs à des messages échangés sur Whatsapp entre ce père et l'assaillant. "Mon client n'a pas de souvenir de cette conversation. Après ses vidéos, il a eu des communications avec plusieurs centaines de personnes. Le tueur a été noyé dans les anonymes", affirme son avocat. Et d'insister: "S'il avait eu une quelconque idée de ce qui allait se produire, il n'aurait jamais diffusé cette vidéo."

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV