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Condamné pour meurtre, Raphaël Maillant supplie la justice d'annuler sa condamnation

Raphael Maillant, le 18 juin 2015

Raphael Maillant, le 18 juin 2015 - BFMTV

Clamant une fois de plus son innocence, Raphaël Maillant a supplié jeudi la Cour de révision d'annuler sa condamnation à 17 ans de prison pour le meurtre de sa petite amie.

La Cour dira le 24 septembre si elle juge qu'il y a des éléments nouveaux de nature à établir son innocence ou faire naître un doute sur sa culpabilité et accepte ou non d'annuler la condamnation et d'ordonner un nouveau procès.

Agé de 45 ans, ce formateur d'animateurs sportifs a passé près de dix ans en prison, avant d'être libéré en 2004. Le 14 mars 1997, la cour d'assises des Vosges l'a déclaré coupable du meurtre de Valérie Bechtel, 20 ans, retrouvée morte dans un fossé dans la forêt domaniale de Thaon-les-Vosges le 12 août 1991. La possibilité de faire appel aux assises n'existait pas à l'époque, et son pourvoi en cassation a été rejeté. Il avait essentiellement été condamné sur la foi des accusations de Yann Bello, son meilleur ami de l'époque.

"Je suis la victime de Bello", a déclaré Raphaël Maillant, "je vous supplie aujourd'hui de m'accorder cette révision".

La personnalité trouble de son meilleur ami

Selon Yann Bello, Raphaël Maillant avait tué son ex-petite amie après un cambriolage chez les parents de la jeune fille pour y voler un magnétoscope, puis les deux amis avaient transporté le corps dans la forêt.

Yann Bello a écopé de deux ans de prison pour des délits connexes. Mais depuis, il a été condamné en 2014 par la cour d'assises de Charente-Maritime à 25 ans de réclusion criminelle, décision dont il a fait appel, pour le meurtre et le viol de sa femme, commis en 2011. Un expert psychologue, qui a témoigné jeudi, s'est dit "frappé par le mode opératoire très similaire" dans les deux crimes, tout en précisant qu'il n'avait émis que "de simples hypothèses".

Lors de sa déposition, le président Didier Guérin a souligné qu'au regard des droits de la défense, il était "un peu délicat" de faire le procès d'un "absent". Absent qui a maintenu sa version des faits.

la rédaction avec AFP