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Coline Berry évoque sa plainte pour inceste contre son père Richard: "Une nécessité presque vitale"

Coline Berry, fille de l'acteur Richard Berry, sur BFMTV, le 4 mars 2021.

Coline Berry, fille de l'acteur Richard Berry, sur BFMTV, le 4 mars 2021. - BFMTV

La fille de l'acteur Richard Berry est revenue sur BFMTV sur les accusations d'inceste portées contre son père. "Un sentiment de se libérer", confie Coline Berry-Rojtman.

"Je ne médiatise pas ma plainte, je subis le fait qu'elle a été médiatisée." Coline Berry- Rojtman, qui accuse son père Richard d'inceste, s'est confiée ce jeudi sur BFMTV sur cette période qu'elle vit avec des "sentiments mêlés". Pour la première fois sur un plateau de télévision, elle a accepté d'expliquer le sens de sa démarche, plus de 30 ans après les faits qu'elle dénonce.

"Il y a un moment où c'est une nécessité presque vitale", explique la fille de Richard Berry. "C'est un moment qui a correspondu avec la publication du livre de Camille Kouchner, mais c'est un chemin très long. On prend progressivement conscience de tout, on n'a pas envie de faire de la peine. Même en étant victime, j'ai essayé de protéger mon père."

"Sentiments mêlés"

Revenant sur les faits dont elle accuse son père, des baisers avec la langue, des jeux sexuels durant son enfance, Camille Berry-Rojtman explique n'avoir pas eu conscience immédiatement des comportements déplacés qu'elle attribue à Richard Berry et Jeane Manson, sa compagne de l'époque.

"Je n'aime pas faire ça, mais je ne comprends pas la gravité", souffle-t-elle. "Je comprends que c'est interdit quelques années après. J'en mesure la gravité avec la première psychologue que j'avais vue. Je n'avais pas posé le mot d'inceste, c'est elle qui m'a dit que c'était grave."

À l'âge de 10 ans, elle refuse de se rendre chez son père, qu'elle accuse en outre d'avoir été violent contre sa mère. Elle ne dénonce pas les actes dont elle l'accuse désormais "par peur". "Il dégage quelque chose qui me fait très peur", confie Coline Berry-Rojtman, qui évoque ses "sentiments mêlés" à son égard.

"J'avais besoin de son amour comme n'importe quel enfant", poursuit-elle. "Je ne nie pas que j'ai eu des moments heureux, de la même façon que je l'aime."

"Il a détruit des enfants"

C'est d'ailleurs cet amour qui jusqu'alors l'avait, dit-elle, empêchée de porter plainte contre Richard Berry. "Ça a mis tant d'années à être mis sur le devant de la scène, mais moi j'en ai parlé très tôt", affirme Coline Berry-Rojtman. Elle assure avoir reçu beaucoup de témoignages de membres de sa famille qui "se souviennent de choses, des comportements tellement déviants qu'eux-mêmes en avaient été choqués à l'époque".

Richard Berry balaie les accusations de sa fille aînée. Dans un long post Instagram dans lequel il révélait l'affaire au début du mois de février, l'acteur évoquait la "folie destructrice" de sa fille Coline. "La folie destructrice, c'est ce qu'il a fait, il a détruit des enfants", rétorque-t-elle aujourd'hui, détaillant sa démarche "longue, construite, pas du tout impulsive".

"Sans doute je détruis son image mais la vérité n'est pas quelque chose de destructeur, la vérité permet de se reconstruire", poursuit-elle.

"Je me sens en partie libérée"

Après avoir tenté de confronter son père, qui "dans des échanges ne nie pas, mais dans lesquels il s'excuse", Coline Berry-Rojtman a porté plainte. Avant de se tourner vers la justice, elle dit avoir "espéré", "attendu" une reconnaissance de sa souffrance par son père. Mais il a finalement fallu se raconter devant les enquêteurs. Là encore, les sentiments se mélangent. "Ça a été même une libération que des tiers puissent avoir le dossier, c'est rassurant", explique-t-elle

Avant de souffler à propos de son audition devant les policiers de la brigade de protection des mineurs: "C'est revivre encore pas mal de choses, quand on se raconte, c'était éprouvant. Ce sont des images, des souvenirs, des sensations, des choses douloureuses qui ne m'ont jamais quittées, mais là elles étaient plus vives."

Aujourd'hui, Coline Berry-Rojtman sait qu'elle n'a pas "le choix de la médiatisation". Sa plainte, elle la vit comme une "libération". "Je me sens en partie libérée sur plein d'aspects", dit-elle. "Sur l'aspect du secret, l'aspect de ma personne dans le sens où je me sens alignée avec mes convictions." Pour elle, "la sanction n'apportera rien". Ce qu'elle réclame c'est "qu'il reconnaisse les faits, avec des mots dessus", sans les "banaliser".

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV