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Chérif Chekatt abattu: ces trois policiers tombés nez-à-nez avec le suspect

L'auteur présumé de l'attentat perpétré mardi soir à Strasbourg a été abattu jeudi par des policiers. Trois fonctionnaires de la police nationale qui sont tombés sur lui lors d'une patrouille dans le quartier du Neudorf, où un important dispositif sécuritaire avait été mis en place.

Un quartier quadrillé, survolé par un hélicoptère, et une rafale de tirs entendue par les habitants, peu après 21 heures. Au 74 rue du Lazaret, jeudi soir, dans le quartier du Neudorf à Strasbourg, Chérif Chekatt a été abattu par des policiers qui tentaient de l'interpeller alors qu'ils venaient de tomber sur lui lors d'une patrouille. Un dénouement intervenu après 48 heures de traque, et dont les circonstances commencent à se préciser.

D'après nos informations, c'est notamment grâce au signalement d'une femme que le tireur présumé de l'attaque du marché de Noël, qui a fait trois morts et 13 blessés, dont une personne en état de mort cérébrale, a été retrouvé. Dans l'après-midi, une habitante de Strasbourg a répondu à l'appel à témoins lancé par les autorités, expliquant avoir été accostée dans le quartier du Neudorf par un homme ressemblant au fugitif, et remarquant qu'il était blessé au bras. Après cet appel, la police passe le quartier au peigne fin et trouve une image du suspect en visionnant les caméras de vidéosurveillance.

Une caméra thermique survolait le quartier

D'importantes opérations de vérifications sont ensuite menées par le Raid et la BRI dans ce quartier résidentiel où Chérif Chekatt s'était volatilisé mardi soir, après l'attentat. Mais sans succès.

"On avait plusieurs témoignages qui indiquaient qu’un individu ressemblant à celui qu’on recherchait se trouvait toujours dans le quartier", ajoute ce vendredi sur notre antenne Emmanuel Georg, du syndicat Unité SGP Police. 

Au cours de la journée, les forces de l'ordre maintiennent dans la zone un important dispositif de sécurité, avec notamment un hélicoptère doté d'équipements spéciaux, dont une caméra thermique, capable de détecter la chaleur humaine. La police est présente en nombre dans la zone. 

"L'équipage pas préparé à lui tomber dessus"

Sur place, vers 21 heures, dans le cadre de ce dispositif sécuritaire, une équipe de la brigade spécialisée de terrain (BST) aperçoit un individu correspondant au signalement. Il déambule sur la voie publique, rue du Lazaret, à découvert et avec une arme. Portant une épaisse veste noire, l'homme tente d'entrer dans un immeuble sans y parvenir. Les trois fonctionnaires de la police nationale, deux hommes et une femme en patrouille dans leur secteur, essayent de l'interpeller, et l'abattent alors qu'il se retourne et tire dans leur direction, ratant ses cibles.

"C’est une patrouille de la BST, de la sécurité publique, qui patrouillait dans le secteur puisqu’on le recherchait toujours activement. L’équipage lui tombe dessus, nez-à-nez, par hasard, et n’était pas préparé" à cette rencontre, précise encore Emmanuel Georg.

Des policiers de terrain

Comme le souligne sur BFMTV notre consultant terrorisme Sébastien Pietrasanta, la BST n'est pas présente dans toutes les villes et tous les quartiers, "mais dans ceux identifiés comme prioritaires par le ministère de l'Intérieur". "Ce sont des hommes et des femmes de terrain, qui patrouillent au quotidien, des 'super gardiens de la paix' ciblés sur un quartier pour créer du lien", fait valoir l'ancien député-maire d'Asnières.

Sur notre antenne ce vendredi matin, Robert Herrmann, l'adjoint au maire de la ville de Strasbourg, précise que parmi les points qui restent à éclaircir, il faudra déterminer si, avant d'être abattu, Chérif Chekatt était logé dans un appartement, donc aidé par d'éventuels complices, ou s'il errait dans les rues.

Charlie Vandekerkhove, avec le service police-justice de BFMTV