BFMTV

Charente: une entreprise se fait voler 300.000 euros dans une nouvelle "arnaque au président"

Une société financière parisienne (photo d'illustration)

Une société financière parisienne (photo d'illustration) - Stéphane de Sakutin-AFP

Une entreprise charentaise a vu 300.000 euros de sa trésorerie s'envoler vers Hong Kong. Elle n'est que la dernière victime de ces "arnaques au président" qui ont visé des centaines de sociétés, dont certaines figurent au Cac 40, pour un butin total estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.

"L'arnaque au président" a fait une nouvelle victime. Une entreprise de Charente, installée à Gond-Pontouvre et qui emploie une soixantaine de salariés dans le département et quelque 250 sur le territoire national, a perdu il y a une dizaine de jours 300.000 euros qui se sont envolés en un clic vers Hong Kong, révèle La Charente Libre.

Fin novembre, la comptable de l'entreprise reçoit des mails provenant apparemment de l'adresse du PDG. Ce dernier lui demande d'abord les liquidités disponibles sur les comptes de la société. L'homme, se faisant passer pour le président, lui fait ensuite croire que l'entreprise est sur le point d'en racheter une autre en Asie. Il a besoin d'un virement de 300.000 euros sur un compte à Hong Kong. La comptable s'exécute. Ce n’est que le lundi suivant qu'un mail de la banque, interpellée par ce virement, fait douter l'employée. Après en avoir parlé à sa hiérarchie, elle découvre qu'elle a été victime d'une escroquerie.

Placée en redressement judiciaire

L'entreprise a porté plainte. "On est en train d'essayer de récupérer l'argent", explique le patron à La Charente Libre. "Tant que ce n'est pas perdu, on a espoir de récupérer cette somme. Des documents avec les bons logos de l'entreprise, les noms des responsables ayant les pouvoirs de signature des virements, ces escrocs avaient tout. Ils ont réussi à pirater un système informatique pourtant sécurisé. Ce sont des voyous de haut vol". S'il assure que cette escroquerie n'aura pas d'impact sur la pérennité de l'entreprise, ce n'est pas le cas pour toutes les victimes.

En effet, certaines de ces arnaques peuvent s'avérer catastrophiques. En septembre dernier, une PME qui emploie 44 salariés à Bressuire, dans les Deux-Sèvres, a dû être placée en redressement judiciaire après trois "arnaques au président" qui ont siphonné sa trésorerie pour un montant total de 1,6 million d'euros, comme le révélait Le Courrier de l'Ouest.

Un préjudice à plusieurs centaines de millions d'euros

L'arnaque de Gond-Pontouvre n'est que la dernière d'une longue liste qui a fait depuis cinq ans des centaines de victimes, dont des groupes internationaux: Total, Michelin, Vinci, LVMH. Même l'Élysée a failli se faire avoir. Le montant du préjudice de ces escroqueries aux faux ordres de virement internationaux s'élèverait à plusieurs centaines de millions d'euros.

"Avec patience et minutie, des gangs de malfaiteurs spécialisés dans l'ingénierie sociale passent d'abord au crible tout l'environnement de la société ciblée pour percer son intimité", explique Bernard Petit, patron du Quai des Orfèvres, au Figaro. "Au registre du commerce et sur des sites spécialisés, ils épluchent les statuts (...) les comptes rendus des comités d'entreprises ou encore les procès-verbaux d'assemblée générale pour collecter un maximum de renseignements sur l'organigramme, l'identité ainsi que les coordonnées des porteurs de parts et des dirigeants dont ils interceptent la signature au bas des documents officiels." De véritables professionnels du crime qui agissent bien souvent depuis l'étranger et passent ainsi entre les mailles de la justice.

C.H.A.