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Cédric Chouviat a répété "j'étouffe" à plusieurs reprises lors de son interpellation à Paris

Lors de l'interpellation violente qui lui a coûté la vie en janvier dernier, le téléphone portable de ce chauffeur de 42 ans a enregistré ses derniers mots. Un élément clé du dossier.

Avant de mourir d'un arrêt cardiaque en janvier dernier à Paris, Cédric Chouviat a répété "j'étouffe!" à plusieurs reprises, a appris BFMTV ce lundi de sources condordantes, confirmant une information révélée par Le Monde et Mediapart, qui ont eu accès aux enregistrements du téléphone portable du chaufffeur-livreur de 42 ans. Interpellé pour usage de son téléphone en roulant, Cédric Chouviat avait décidé d'enregistrer ses échanges avec la police.

Lorsque Cédric Chouviat est interpellé, le micro de son téléphone (qu'il utilise pour filmer la scène) enregistre ce qu'il dit sous son casque. La retranscription de cet enregistrement audio, d'une durée de 12 minutes, a été versée au dossier.

Interpellé pour usage du téléphone en roulant

A partir des enregistrements et des différents éléments de l'enquête auxquels il a eu accès, Mediapart rapporte que Cédric Chouviat est contrôlé à bord de son scooter le 3 janvier 2020 à 9h54 du matin. L'interpellé rappelle à plusieurs reprises qu'il est en "droit de filmer" cette arrestation, tandis que les fonctionnaires de police le poussent et "perdent leur sang-froid", selon Mediapart. De son côté, le livreur qualifie les policiers de "clowns", de "guignols", puis menace les forces de l'ordre de porter plainte.

Puis à 10h06, alors qu'il lance un "pauvre type" à leur égard, les policiers qui avaient regagné leur véhicule croient entendre "fils de pute". A ce moment, rapporte Mediapart, "Cédric Chouviat déclare, à plusieurs reprises, qu’il porte plainte. Le haussement de ton laisse transparaître dans sa voix de la peur et de la colère". Après 10h07 cependant, le site d'investigation précise que "les enregistrements ne permettent pas de savoir comment se passe alors la suite".

A 10h09, Cédric Chouviat est mis au sol à l'aide de la technique de la clé d'étranglement, comme l'a rapporté un des agents lors de son audition à l'IGPN. Les enregistrements permettent seulement d'entendre les policiers lui passer les menottes, puis Mediapart affirme qu'on entend Cédric Chouviat dire "arrête", "je m'arrête", avant "j'étouffe" à plusieurs reprises.

Mort d'une asphyxie "avec fracture du larynx"

Quatre policiers ont été auditionnés par l'IGPN en garde à vue mercredi dernier, a appris BFMTV lundi de sources concordantes.

Transporté dans un état critique à l'hôpital, Cédric Chouviat est mort le 5 janvier à l'hôpital des suites d'une asphyxie "avec fracture du larynx", selon les premiers éléments de l'autopsie communiqués par le parquet de Paris, qui avait ouvert une information judiciaire pour "homicide involontaire".

Vidéos à l'appui, la famille de la victime a depuis dénoncé une "bavure policière" causée par des techniques d'interpellation "dangereuses". Elle réclame une requalification des faits en "violences volontaires ayant entraîné la mort", un crime passible des assises, et la suspension des policiers.

Quelques jours après les faits, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait estimé que les résultats d'autopsie "(soulevaient) des questions légitimes, auxquelles des réponses (devaient) être apportées en toute transparence".

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV