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Carlton de Lille : les coûteuses visites à DSK devant la justice

Ce sont de coûteux voyages pour rendre visite à DSK à Washington qui ont valu à David Roquet d'être licencié.

Ce sont de coûteux voyages pour rendre visite à DSK à Washington qui ont valu à David Roquet d'être licencié. - -

Mardi, David Roquet affronte son ex-société devant les prud'hommes de Lens pour licenciement abusif. Il est suspecté d'avoir détourné des fonds pour rendre visite à DSK lors de coûteux séjours.

La nébuleuse affaire du Carlton de Lille va connaître un nouvel épisode ce mardi après-midi devant le conseil des prud’hommes de Lens. David Roquet, ex-cadre d’une filière d’Eiffage et mis en examen dans cette affaire, conteste son licenciement pour faute grave à l’automne 2011.

"L’entreprise a décidé de le licencier après avoir découvert qu’il aurait détourné des fonds à des fins personnelles, au détriment de la société", nous explique Me Thierry Dalmasso, avocat d’Eiffage.

Notes de frais à 4.000 euros

Cinq factures et des notes de frais sont reprochées à David Roquet. Des factures concernant notamment des voyages à Washington, pour retrouver le directeur général du F.M.I. d’alors, Dominique Strauss-Kahn, dont un déplacement en mai 2011 à la veille de l’arrestation spectaculaire au Sofitel.

Le Figaro, qui a consulté les factures, évoque des montants importants : l’une à 11.888 euros inclut notamment "la prise en charge de billets d’avion pour quatre personnes", une autre du même montant comporte une note de frais de 4.186 euros "pour des compléments extras", et une troisième de 1.722 euros mentionne" l’organisation et la prise en charge" d’une soirée sur Lille…

"Sa hiérarchie n'était pas au courant"

David Roquet affirme que l’entreprise Eiffage savait parfaitement qu’il rencontrait DSK, et l’incitait même à continuer ces agissements, dans l’idée d’un potentiel "retour sur investissements".

"Faux !", s’indigne Me Dalmasso. "Jamais la hiérarchie de David Roquet ne lui a demandé de rencontrer DSK, de payer des prostituées, d’offrir des nuits d’hôtel ou encore des grands dîners à son entourage. Il a fait cela de son côté", explique à BFMTV.com le conseil.

Mis en examen par ailleurs pour proxénétisme aggravé en bande organisée, escroquerie et abus de confiance dans l'affaire du Carlton, David Roquet réclame près d'un million d'euros pour licenciement abusif. Les avocats des deux parties devraient demander cet après-midi aux prud’hommes d’attendre que la procédure pénale instruite à Lille soit terminée pour statuer sur ce licenciement.