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Aveyron: une enquête ouverte après la diffusion de vidéos dégradantes de pensionnaires d'un Ehpad

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Photo d'illustration - Stéphane de Sakutin - AFP

Une information judiciaire a été ouverte notamment pour "violence sur personne vulnérable", "non assistance à personnes en danger" ou encore "atteinte à la vie privée" après la découverte d'actes de maltraitance dans un Ehpad à Onet-le-Château.

Une information judiciaire a été ouverte sur des cas présumés de maltraitances dans un Ehpad aveyronnais après la diffusion sur les réseaux sociaux d'images dégradantes de pensionnaires, attribuées à des membres du personnel, a appris l'AFP auprès du procureur, confirmant une information du Parisien.

Le parquet, qui avait ouvert le 4 août dernier une enquête préliminaire, a décidé vendredi de confier le dossier à un juge d'instruction à propos d'une dizaine de délits dont violence sur personne vulnérable et non assistance à personnes en danger ou atteinte à la vie privée, a indiqué le procureur de la République de Rodez, Olivier Naboulet.

Les résidents filmés dans des positions dégradantes

L'enquête, déclenchée par une plainte de la directrice démissionnaire de l'établissement, Frédérique Modolo, porte sur des maltraitances présumées infligées à des résidents souffrant d'Alzheimer à l'Ehpad La Rossignole d'Onet-le-Château.

Dans un communiqué rendu public par France 3, Frédérique Modolo indique avoir découvert fin juillet que des membres du personnel échangeaient, depuis au moins novembre 2019, des photos de résidents montrés dans des positions dégradantes, assorties de commentaires injurieux.

L'enquête préliminaire a révélé que "des photos et vidéos mettant en scène des résidents dans différentes situations dégradantes étaient échangées au sein d'un groupe Messenger ouvert entre salariés", précise le parquet dans un communiqué.

Quatre licenciements et démission de la directrice

Un dizaines de ces vidéos, mettant en scènes au moins six pensionnaires de plus de 77 ans, ont pu être identifiées lors de la première phase d'enquête. Deux employés de l'Ehpad ont été mis en examen courant août mais "nient les faits ou leur dénient tout caractère dégradant", a encore indiqué le parquet.

L'ARS a été saisie le 6 août, quatre des salariés concernés licenciés le 12 août, la directrice a démissioné et les familles des unités protégées concernées informées le 4 septembre.

Le procureur a requis l'association France Victimes "afin d'apporter un soutien psychologique aux résidents, à leurs familles et aux personnels non impliqués" alors que quatorze plaintes de famille ont été déposées par des proches des victimes à ce jour.

H.G. avec AFP