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Attaque de la mosquée de Bayonne: le suspect voulait "venger" l'incendie de la cathédrale Notre-Dame

Deux hommes ont été gravement blessés lundi après qu'un octogénaire ait ouvert le feu contre une mosquée de Bayonne. Dans sa course folle, l'octogénaire a tenté d'incendier l'édifice religieux avant d'être interpellé devant son domicile dans les Landes.

L'octogénaire soupçonné d'être l'auteur de l'attaque perpétrée lundi soir contre la mosquée de Bayonne a voulu "venger la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris", a fait savoir le procureur de la République de Bayonne lors d'une conférence de presse ce mardi.

Devant la presse, Marc Mariée a donné des précisions sur les motivations du tireur présumé. Il a précisé que l'homme, placé en garde à vue dès lundi, était passé aux aveux concernant les incendies de la porte de la mosquée et du véhicule, assurant néanmoins qu'il contestait avoir voulu "tuer qui que ce soit". L'auteur présumé, un dénommé Claude Sinké, a dit vouloir venger la destruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris survenu en avril dernier, en affirmant que l'incendie avait été causé par des membres de la communauté musulmane.

"Son audition interroge sur son état de santé psychique", a ajouté le procureur de la République de Bayonne, précisant que le suspect devait être vu par un psychiatre ce mardi après-midi.

Tentative d'incendie de la mosquée

Le procureur de la République a ensuite déroulé le fil des événements survenus ce lundi après-midi. L'octogénaire a été interpellé après "s'être muni d'un revolver chargé" et avoir "mis en joue les policiers". Selon Marc Mariée, l'homme apparaît comme "totalement inconnu des services de police".

Le procureur raconte que vers 15h20, l'individu a essayé d'"incendier" la porte principale de la mosquée de Bayonne, "laquelle était fermée", après y avoir déversé de l'essence. Surpris par deux personnes, il a ensuite tiré sur une première victime (née en 1945) assise sur une chaise à l'extérieur de l'édifice, la touchant au thorax.

La seconde victime (née en 1941) a été touchée aux cervicales, alors qu'elle se trouvait à bord de son véhicule et tentait de "s'extirper de la zone". L'octogénaire a ensuite aspergé d'essence la voiture de l'homme, "avant d'y mettre le feu tandis que la victime était toujours à l'intérieur du véhicule". Selon le procureur, l'homme a pu être extrait de la voiture "par un témoin".

Un arsenal retrouvé à son domicile

D'après Marc Mariée, la perquisition menée au domicile du suspect a permis de mettre à jour un arsenal assez conséquent, parmi lequel "un lot de munitions diverses, de deux grenades à plâtre, d'une grenade fumigène, d'un pistolet automatique de calibre 9 mm, de plusieurs cartouches et d'une arme d'épaule de type fusil à pompe de calibre 16".

Les enquêteurs ont également retrouvé à son domicile des licences fédérales de la Fédération française de tir à son nom, des documents relatifs à la détention d'arme à feu; ainsi que des courriers remis par une journaliste locale à l'attention du procureur de la République de Dax relatifs à une plainte du mis en cause contre Emmanuel Macron. Une bouteille de gaz et un chargeur d'arme semi-automatique ont également été retrouvés par les enquêteurs à l'intérieur de son véhicule.

L'enquête a été confiée à la police judiciaire de Bayonne sous l'autorité du parquet de Bayonne. Les victimes sont toujours hospitalisées, mais leur pronostic vital n'est pas engagé selon le procureur.

Jeanne Bulant