BFMTV

Attaque à Paris: ce que dit le principal suspect dans sa vidéo

Longue de deux minutes, la vidéo montre l'assaillant du 25 septembre se plaindre du triomphe, en France, d'une "certaine vision de l'islam".

Il ne s'agit pas d'une vidéo de revendication de l'attaque perpétrée vendredi, à l'arme blanche, devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. Son auteur, celui qu'on y voit, est toutefois bien le principal suspect derrière l'attaque, actuellement en garde à vue, selon une source proche de l'enquête interrogée par BFMTV.

Les enquêteurs s’intéressent de près à cette vidéo, que nous avons pu consulter. On y voit l'individu en habit traditionnel parler face à la caméra, mais aussi pleurer et entonner des chants traditionnels pakistanais. Il s'exprime en ourdou, l'une des langues parlées dans son pays d'origine.

"Aujourd’hui je suis dans un état désespéré, je vous explique pourquoi. En France, ils ont montré une certaine vision de l’Islam, et c’est pour ça que aujourd’hui, le 25 septembre, je veux combattre cette vision de l’Islam. Avant d’agir, je voulais faire connaître mes sentiments."

Aucune référence à Charlie

L'homme entonne ensuite un chant religieux où il est question d'un dieu "qui aide les gens dans le malheur et la misère", et à qui il implore de pardonner ses "erreurs" et de l'aider à sortir de sa misère.

Le propos n'inclut aucune mention explicite de Charlie Hebdo ou de ses caricatures, qu'il s'agisse des dessins eux-mêmes ou du fait de les avoir republiés à l'occasion du procès des attentats de janvier 2015. Tout est implicite. Le suspect ne prononce aucune allégeance à une quelconque organisation terroriste.

Par ailleurs, on ignore toujours où cette vidéo est apparue pour la première fois et comment le suspect l’a faite diffuser. Est-ce à travers les réseaux sociaux? A-t-elle été envoyée à un contact qui l’a ensuite publiée? On sait néanmoins qu’elle n’a pas été "récupérée en perquisition". Elle montre que l'acte final, lui, a été prémédité.

Par Mélanie Vecchio et Alexandra Gonzalez avec Jules Pecnard