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Marne: 18 et 19 ans de réclusion criminelle pour les deux jeunes assassins d'un camarade lycéen

Palais de justice (PHOTO D'ILLUSTRATION)

Palais de justice (PHOTO D'ILLUSTRATION) - Thomas SAMSON

Adrien et Océane ont été condamnés à 18 et 19 ans de réclusion criminelle, ce vendredi à Reims, pour avoir assassiné un camarade lycéen en 2018 dans la Marne.

La cour d'assises des mineurs de la Marne a condamné vendredi à 18 et 19 ans de réclusion criminelle respectivement une jeune homme et une jeune fille de 20 ans pour l'assassinat d'un camarade lycéen en 2018, à Mourmelon-le-Grand dans la Marne.

À l'issue du procès, tenu à huis-clos depuis mardi, les jurés sont restés en deçà du réquisitoire de l'avocate générale, Ombeline Mahuzier, qui avait requis 20 ans contre les deux accusés.

"J'ai retenu l'excuse de minorité, car les accusés", 17 ans au moment des faits, "n'avaient pas pu mesurer la gravité et l'étendue de leurs actes", avait-elle indiqué durant une suspension d'audience.

"Ils ont tous les deux du sang sur les mains"

Les deux "sont co-auteurs de l'assassinat de Kevin. Ils ont tous les deux du sang sur les mains", avait-elle ajouté. Le procès avait basculé dès son ouverture lorsque l'accusée, Océane, condamnée à la plus lourde peine, avait reconnu toute sa responsabilité.

Témoin directe de l'agression du 2 juin 2018, elle avait dénié pendant toute l'instruction être l'inspiratrice du meurtre de son ex-petit ami, qui a succombé à 17 ans à 34 coups de couteau portés par Adrien, alors un de ses flirts.

Selon Me Fanny Quentin, avocate des parents de Kevin, la jeune fille a reconnu devant le tribunal avoir "menti sur tout, y compris sur les épisodes de distanciation qu'elle avait décrits pour justifier sa non-intervention pendant le meurtre de Kevin. Y compris sur l'accusation de viol qu'elle portait à l'encontre de Kevin pour chauffer Adrien".

Après le jugement, l'avocate a fait part du "soulagement" des parents "enfin entendus et écoutés". "Mais ils ne savent toujours pas pourquoi leur fils est mort, les accusés n'ayant livré aucun mobile".

Adrien "ne peut qu'exprimer des regrets, il a démontré qu'il était capable de prendre sa part de responsabilités", a commenté son avocat Me Mourad Benkoussa, précisant qu'il ne ferait pas appel.

Des "adolescents numériques, des gamins"

L'audience a montré qu'il "ne s'agissait pas "d''amants diaboliques' mais d'adolescents numériques, des gamins", a-t-il ajouté, en écho à une déclaration du procureur de Reims, Matthieu Bourrette.

"Je ne peux que m'interroger pour savoir si j'ai 'de nouveaux amants diaboliques' ou si j'ai une logique de bras armé avec une tête criminelle", avait déclaré ce dernier après la mise en examen du duo.

L'instruction avait établi que l'accusée avait donné rendez-vous à la victime dans le parc du Bois des Soeurs alors qu'ils ne se voyaient plus depuis trois mois. Les deux accusés s'étaient rencontrés une heure avant le meurtre, à la médiathèque de Mourmelon-le-Grand, pour parfaire les derniers détails du guet-apens tendu à Kevin. Si la jeune fille a multiplié les versions avant le procès, Adrien n'a lui jamais varié de version.

Passionné d'armes et de reconstitutions d'épisodes militaires, et fou amoureux d'Océane, selon son entourage, il avait admis dès sa garde à vue, le 4 juin 2018, être l'auteur des coups mortels portés avec un couteau américain des années 40, cadeau de sa famille.

Il avait expliqué avoir organisé ce projet criminel dès le mois de mai 2018 avec la complicité active d'Océane pour venger l'agression sexuelle et le harcèlement sur les réseaux sociaux que cette dernière lui avait affirmé avoir subi de la part de Kevin.

L'adolescente avait à l'époque envoyé les gendarmes sur une fausse piste, en leur décrivant l'agresseur comme un homme de type basané, descriptif qui avait déclenché un flot de commentaires racistes sur internet. "Je refuse de m'habituer à cette barbarie qui tue la jeunesse de France", avait de son côté écrit Marine Le Pen dans un tweet rapidement supprimé.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV