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Après le départ de Gérard Collomb, la colère froide des policiers

Gérard Collomb a quitté Beauvau et rejoint la ville de Lyon ce mercredi.

Gérard Collomb a quitté Beauvau et rejoint la ville de Lyon ce mercredi. - Bertrand Guay - AFP

Le premier flic de France a quitté précipitamment Beauvau et les forces de l'ordre, laissant en suspens des mesures inachevées, reproche l'Unsa Police.

"Les policiers se posent la question de savoir pourquoi ils n'ont plus de ministre. Dans le contexte actuel de menace terroriste, de pression migratoire, de conditions de travail dans la police, c'est ahurissant", critique Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance. Pour les forces de l'ordre, le départ précipité de Gérard Collomb du ministère de l’Intérieur constitue une rupture préoccupante.

Le feuilleton a commencé par un choix peu habile de calendrier pour annoncer une démission, affirme le secrétaire général de l'Unsa Police, Philippe Capon, à BFMTV.com. Gérard Collomb a révélé sa volonté de quitter l'Intérieur le 18 septembre, date du lancement de la police de sécurité du quotidien, faisant ainsi de l'ombre à la mise en place de cette mesure. Après plusieurs rebondissements, le feuilleton s'est achevé ce mardi avec la confirmation de son départ. "Au vu du contexte, j’ai été extrêmement surpris, à tel point que j’ai d’abord cru à un ‘fake’", explique Philippe Capon.

Un changement de ministre qui préoccupe

"Comment peut-il laisser un ministère dans de telles circonstances, sans même attendre l’arrivée de son successeur définitif?" questionne le secrétaire général de l’Unsa. Dans son communiqué, le syndicat rappelle que Gérard Collomb quitte Beauvau pour Lyon, laissant un "dialogue social inachevé" et des "chantiers en suspens". Des réformes ont bien été enclenchées, mais la transition ministérielle inquiète.

"Le problème, c'est qu'on va repartir avec une feuille blanche. Qui dit nouveau ministre, dit nouvelles équipes. Et là, on va encore perdre du temps, et je peux vous assurer que la sécurité de nos concitoyens et la sécurité des policiers français, c'est bien mal parti!" prédit Yves Lefebvre, secrétaire général de Unité SGP Police FO, au micro de BFMTV.

Alors qu’Edouard Philippe est, depuis ce mercredi matin, le nouveau premier flic de France par intérim, policiers et gendarmes s’interrogent sur leur avenir. Sur Twitter, le syndicat des officiers et commissaires de police dit avoir "besoin d’un ministre qui réforme en profondeur. Depuis plusieurs années, les ministres de l’Intérieur ne font que de la communication".

Philippe Capon attend quant à lui un nouveau ministre "ouvert", avec lequel engager un nouveau dialogue social. "Beaucoup de points sont à améliorer dans le quotidien des policiers qui sont souvent remis en cause, comme par les propose de Yann Moix. Face à cela, nous manquons parfois de soutien de la part de notre ministre". Pour Yves Lefebvre, secrétaire général de Unité SGP Police FO, "les policiers de terrain, les gardiens de la paix, attendent d'avoir un ministre qui s'inscrit dans la durée pour leur apporter la juste reconnaissance de leur investissement".

Ambre Lepoivre