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Apologie du terrorisme: une Niçoise condamnée à deux mois de prison

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Une femme de 22 ans a été condamnée mardi par le tribunal correctionnel de Nice à deux mois de prison ferme pour "apologie du terrorisme", après avoir lancé des menaces à des policiers alors qu'elle était en état d'ébriété avancé. Lorsqu'elle a été arrêtée à Nice par la police dimanche vers 6 heures du matin, Eugénie, jeune esthéticienne au chômage, conduisait en ayant consommé "5 whisky-Cocas".

"Je suis une terroriste en puissance, je vais faire péter les bombes", "j'ai une ceinture d'explosifs", "ils auraient dû vous faire sauter vous et vos gamins", "hier t'a pas perdu quelqu'un dans l'attaque?", a notamment lancé la jeune femme, selon les témoignages des policiers lus par la présidente du tribunal.

Il s'agit d'une "infraction de contexte", dans le cadre des massacres terroristes du 13 novembre qui ont fait 129 morts et 352 blessés, a souligné la procureure de la République. "Comment ne pas l'assimiler à l'apologie du terrorisme?", a-t-elle requis qualifiant les propos de la jeune femme "(d')intolérables" et précisant qu'elle avait pris le volant avec "2 grammes d'alcool par litre de sang" et un retrait de permis.

"On se fiche de savoir qu'on peut blesser quelqu'un. C'est un mépris total envers la loi, les forces de l'ordre, le contexte qui nous préoccupe tous aujourd'hui", a-t-elle ajouté.

Le tribunal correctionnel qui a suivi les réquisitions du parquet, n'a pas requalifié le délit en simple "outrage" aux forces de l'ordre, comme le demandait l'avocate de la défense. La prévenue, dont la mère travaille pour la mutuelle générale de la police, n'avait pas de casier judiciaire.

Par ailleurs, un Algérien présenté également en comparution immédiate mardi pour le même délit, a obtenu un report de son procès au 23 décembre, mais a été maintenu en détention "pour éviter toute pression et représailles aux policiers", a décidé le tribunal de Nice. Il lui est reproché d'avoir notamment dit "Dieu est grand, Dieu est grand, on va tous vous niquer" à deux fonctionnaires de police niçois.

Ce père de famille, qui dirige une entreprise de location de véhicules de luxe, avait été interpellé dimanche à 02H30 du matin. L'homme a présenté ses excuses à la police, rappelant qu'il avait été menacé pour avoir diffusé en janvier une vidéo dénonçant les attentats contre Charlie Hebdo.

Lundi, c'est un Marseillais de 23 ans, qui avait crié à plusieurs reprises "Allah akbar" en mimant l'égorgement à l'adresse d'un groupe de policiers, qui a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à un an de prison ferme.

Mardi, quatre jeunes gens qui avaient notamment crié "Allah akbar" dans le métro marseillais ont écopé d'un stage de citoyenneté dans le cadre d'une procédure de composition pénale rendue "à bref délai", a indiqué le parquet de Marseille, précisant qu'un mineur présent avec eux était également dans l'attente d'une sanction.

la rédaction avec AFP