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Agression raciste à Avignon: un homme porte plainte pour être reconnu victime

Au-delà de la fermeté affichée par le gouvernement, des syndicats de police veulent croire qu'ils ont été enfin entendus sur la nécessité de "déminer les banlieues" en proie aux violences urbaines. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

Au-delà de la fermeté affichée par le gouvernement, des syndicats de police veulent croire qu'ils ont été enfin entendus sur la nécessité de "déminer les banlieues" en proie aux violences urbaines. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau - -

Un homme a été abattu le 29 octobre dernier après avoir menacé avec une arme de poing un homme puis des policiers qui avaient été appelés sur les lieux. L'enquête a été ouverte pour tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique.

L'agression à Avignon, le 29 octobre dernier, s'était déroulée dans un contexte particulièrement tendu le jour de l'attentat de la basilique de Nice et au moment même où un homme armé d'un couteau était arrêté à Lyon. Mais depuis, l'homme qui avait alerté la police, et qui estime avoir été victime d'une agression raciste, a dû porter plainte pour être reconnu comme tel, a appris BFMTV, confirmant les informations de Mediapart.

Le 29 octobre dernier, un homme, muni d'une arme de poing, un pistolet automatique de calibre 6,35 mm, était abattu par des policiers alors qu'il refusait d'obéir à leurs injonctions et les menaçait. Les forces de l'ordre avait été alertées de la présence de cet individu par un homme qui a lui aussi été pris à partie par l'agresseur.

"Cette personne a voulu l'assassiner", considère son avocat, Me Ouadie Elhamamouchi.

Plainte contre X

L'homme qui a porté plainte, Français d'origine maghrébine, raconte avoir été visé par l'agresseur avec son pistolet. Il explique que ce dernier a crié son appartenance à Génération identitaire, un groupe d'extrême-droite dont il portait le blouson. Il assure qu'il doit son salut uniquement grâce à sa voiture, où il a pu se réfugier et alerter la police. Le jour des faits, cet homme a été interrogé à plusieurs reprises mais n'a plus eu de contact avec la justice depuis.

L'enquête a été ouverte par le parquet d'Avignon pour le chef de "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique", excluant ainsi cet homme, qui a porté plainte contre X pour "tentative d'homicide volontaire" il y a une dizaine de jours. Cette procédure a été lancée à la fois pour qu'il soit reconnu comme victime, mais "vise de façon incidente" également d'autres personnes qui pourraient avoir un lien avec cette agression qui est une agression raciste, selon Me Elhamamouchi.

Contacté, le parquet d'Avignon n'a souhaité faire aucun commentaire.

L'acte d'un "déséquilibré"

Dans un contexte de menace terroriste élevée, des premières rumeurs avaient rapporté que l'agresseur avait crié "Allahou akbar" lorsqu'il avait pris en joue des passants dans les rues d'Avignon. Rapidement, ces éléments avaient été écartés par le procureur d'Avignon, qui nie que la formule ait été prononcée. Une source proche du dossier faisait ensuite valoir que l'agresseur avait réalisé un salut nazi.

Le procureur Philippe Guémas décrivait également l'agresseur comme un Français âgé de 33 ans. Les perquisitions à son domicile ont permis la découverte de littérature d'ultra-droite et de la documentation néonazie, selon Le Dauphiné et Midi Libre. Il était également connu pour avoir des troubles psychiatriques. "On a plus affaire au geste d'un déséquilibré", relevait au lendemain de l'agression le procureur de la République.

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV