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"Affaire Merah, itinéraire d'un tueur" diffusé mercredi sur France 3

La mère de Mohamed Merah témoigne pour la première fois dans le documentaire  "Affaire Merah, itinéraire d'un tueur".

La mère de Mohamed Merah témoigne pour la première fois dans le documentaire "Affaire Merah, itinéraire d'un tueur". - -

Réalisé par Jean-Charles Doria, ce documentaire est diffusé mercredi dans le cadre d'une soirée spéciale consacrée par France 3 à la tuerie qui a secoué Toulouse il y a douze mois.

Pourquoi Mohamed Merah, 23 ans, a-t-il abattu sept personnes de sang-froid, à Toulouse en mars 2012? Avec des images de vidéosurveillance glaçantes, de nombreuses reconstitutions et des témoignages édifiants, un documentaire diffusé mercredi sur France 3 tente de donner des clés.

Affaire Merah, itinéraire d'un tueur, réalisé par Jean-Charles Doria, démarre sur des images prises par des amis du jeune homme le 10 février 2012. Il y paraît heureux et détendu. Rien ne laisse présager qu'il va abattre un mois plus tard trois paras, puis trois enfants et un enseignant juifs.

Témoignage inédit de la mère de Mohamed Merah

Les images de vidéosurveillance, elles, montrent que l'homme au scooter était déterminé et sans pitié. Jean-Charles Doria complète ces images avec de nombreuses reconstitutions.

Pour la toute première fois, la mère de Mohamed Merah, Zoulikha Aziri, témoigne.

"J'ai rien compris. Il était beau gosse, il était gentil. D'un coup, il a changé. Je ne sais pas pourquoi. Il est mort et il a pris beaucoup de gens avec lui", dit-elle en pleurs.

"Jamais il n'a parlé de Jihad", assure cette femme. Mère d'une fratrie de cinq enfants, elle divorce quand Mohamed est encore enfant. Avec 400 euros d'allocations, elle perd vite l'autorité sur eux, Mohamed est placé en foyer.

Plusieurs failles policières

Le documentaire, riche en témoignages, donne également la parole à la soeur, Souad, qui s'était dite "fière" de son frère. Il y a aussi son avocat, Me Christian Etelin, le psychologue qui a suivi Mohamed Merah, mais aussi Claude Guéant, alors ministre de l'Intérieur, Pierre Lasry, un parent d'élève de l'école juive, ou Me Samia Maktouf, l'avocate d'une des familles de victimes. Le juge antiterroriste Marc Trévidic et l'ancien magistrat Jean-Louis Bruguière sont aussi interviewés.

Le film met en évidence plusieurs failles policières. Alors qu'il était suspecté dès 2011 de participer à une filière jihadiste, la police le laisse partir au Pakistan et interrompt sa surveillance à son retour.

Autre faille: juste après les tueries et alors que son appartement est très surveillé, Mohamed Merah sort pendant six heures sans que la police le sache.

La justice saisie pour interdire le documentaire

Mercredi, des familles de victimes de Mohamed Merah ont demandé en référé l'interdiction de la diffusion du documentaire au motif qu'il donne la parole à la mère et à la soeur. "Il y a une forme d'indécence et d'obscénité à mettre en avant les deux personnes les plus proches de Mohamed Merah, tant familialement qu'idéologiquement", ont estimé Maîtres Ariel Goldmann, Patrick Klugman et Elie Corchia, avocats de la famille Sandler dont trois membres ont été tués par Merah le 19 mars à Toulouse.

Albert Chennouf, père d'un des militaires abattus, a en revanche soutenu la diffusion: "Même si cette émission doit me perturber, je préfère l'excès de liberté d'expression que pas du tout".

"L'affaire Merah nous a tous bouleversés. Les Français ont besoin de comprendre ce qui s'est passé et ce qui a dysfonctionné", a de son côté expliqué Dana Hastier, la directrice de l'unité documentaires de France 3.

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