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Affaire Karachi: François Léotard visé par les familles des victimes

L'ancien ministre de la Défense François Léotard

L'ancien ministre de la Défense François Léotard - -

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faux témoignage contre l'ancien ministre de la Défense François Léotard.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour faux témoignage dans l'enquête sur l'attentat de Karachi, visant l'ancien ministre de la Défense François Léotard. Ouverte début août, cette enquête est consécutive à une plainte déposée fin juin par des proches de victimes françaises de l'attentat de Karachi, qui avait tué quinze personnes le 8 mai 2002.

"François Léotard a effectué un faux témoignage lors de son audition" par le juge antiterroriste Marc Trévidic "le 31 janvier 2011 alors même qu'il était entendu en qualité de témoin ayant prêté serment", selon la plainte déposée au nom de proches de familles par Me Olivier Morice.

L'ancien ministre de la Défense "nie l'existence de faits avérés dont il a connaissance et commet des omissions et des réticences volontaires", poursuit l'avocat.

Des pressions exercées pour imposer des intermédiaires

Marc Trévidic travaille sur l'hypothèse selon laquelle l'attentat aurait été commis en représailles à l'arrêt par la France du paiement de commissions liées à des ventes d'armes de la France à l'Arabie Saoudite (Sawari II) et au Pakistan (Agosta), sous le gouvernement Balladur.

Selon la source proche du dossier, les plaignants considèrent que François Léotard a menti sur plusieurs points, notamment sur "les pressions exercées par son cabinet pour imposer" en toute fin de négociations deux nouveaux intermédiaires, Ziad Takieddine et Abdulrahmane Al-Assir.

Si l'ex-responsable politique a dit au juge ne rien savoir sur ce point, les deux intermédiaires "ont été imposés au terme de la négociation à la demande de François Léotard quand il était ministre de la Défense", selon un rapport d'information parlementaire datant de 2010 sur l'attentat de Karachi.

Le "réseau K"

Deuxième point souligné par les plaignants, le fait que François Léotard a minimisé sa relation avec Ziad Takieddine et nié celle avec Abdulrahmane Al-Assir. Selon les familles, François Léotard aurait également menti au juge en réfutant avoir su qu'un premier réseau d'intermédiaires avait été évincé au profit du "réseau K" formé par Ziad Takieddine, Abdulrahmane al Assir et le financier saoudien Ali Ben Moussalem.

Dernier point relevé par les plaignants, les rétrocommissions susceptibles d'avoir servi au financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur en 1995. François Léotard nie toute implication dans un tel système de rétrocommissions.

S.A. avec AFP