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Affaire Karachi: "Des éléments prouvent le financement illégal de la campagne d'Edouard Balladur"

Sophie Leclerc, fille d'une des victimes de l'attentat de Karachi.

Sophie Leclerc, fille d'une des victimes de l'attentat de Karachi. - -

L'étau se resserre autour de l'ex-Premier ministre Balladur et du possible lien entre l'attentat de Karachi et le financement de sa campagne de 1995. Un lien qu'établissait sans équivoque l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine mercredi. Sandrine Leclerc, fille d'une des victimes et porte-parole de ces dernières, fait le point sur l'affaire.

"Monsieur Takieddine n'est pas un modèle de stabilité dans ses déclarations. Ce qui plus important c'est de regarder le dossier et dans le volet financier, il y a des éléments qui prouvent qu'il y a eu financement illicite de la campagne d'Edouard Balladur à partir des contrats de ventes d'armes", a indiqué Sandrine Leclerc, fille de l'une des victimes de l'attentat de Karachi.

"Les déclarations d'hier (mercredi, ndlr) de Ziad Takieddine ne font en fait qu'appuyer le dossier, mais c'est un point dont nous sommes convaincus depuis des années", a-t-elle ajouté. "Plus personne ne peut dire que c'est une fable, que c'est grotesque", a-t-elle affirmé.

Du lien entre l'arrêt des rétro-commissions à l'attentat

"En tant que parties civiles, nous sommes convaincus du lien entre l'attentat qui a tué nos proches et la piste politico-financière qui est aujourd'hui suivie en France", a déclaré la porte-parole des proches des victimes de l'attentat de Karachi. Elle indique que le juge Trévidic a eu accès à de nouveaux documents qui "attestent que les intermédiaires se sont plaints après l'arrêt du versement des commissions par Jacques Chirac, de ne pas avoir touché tout leur argent."

Quand le volet financier précède l'enquête sur le terrorisme

"Tout le travail fait dans le volet par le juge Van Ruymbeke est important, car il nous permet d'émettre des hypothèses très intéressantes et très plausibles dans le dossier terroriste", estime Sandrine Leclerc. Elle évoque ainsi la piste d'Ali Bin Mussalam, un intermédiaire qui avait à la fois le motif et les moyens d'agir.

L'enquête sur le volet financier de l'affaire Karachi a connu un rebondissement spectaculaire avec les aveux de Ziad Takieddine, révélés mercredi, sur sa participation à un financement occulte de la campagne d'Edouard Balladur pour la présidentielle 1995, mettant en cause directement la garde rapprochée de l'ex-Premier ministre.


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D.N.