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Accusé d’homicide et de blessures involontaires, le chirurgien de Grenoble mis en examen

Deux plaintes ont été déposées à Grenoble par d'anciens patients, dont les opérations du dos auraient dégénéré. Le chirurgien accusé a été suspendu 18 mois par le Conseil de l'ordre des médecins. Il conteste les accusations .Sa suspension doit com

Deux plaintes ont été déposées à Grenoble par d'anciens patients, dont les opérations du dos auraient dégénéré. Le chirurgien accusé a été suspendu 18 mois par le Conseil de l'ordre des médecins. Il conteste les accusations .Sa suspension doit com - Brightcove

Le chirurgien grenoblois mis en cause par ses anciens patients l’accusant de pratiques fautives a été mis en examen par les juges d’instruction en charge du dossier. Il a été laissé libre, sous contrôle judiciaire.

Nouvelle étape dans l’affaire du chirurgien grenoblois mis en cause par des dizaines de patients. Le médecin a été mis en examen pour "homicides et blessures involontaires" par les juges d’instruction en charge de ce dossier, a-t-on appris confirmant les informations du Parisien. Les accusations d’homicide concernent deux patients et les blessures 74 autres.

"La mise en examen est la preuve qu’il existe des indices graves ou concordants que ce chirurgien a réellement commis les faits, estime Me Edouard Bourgin, l’avocat d’une grande partie des plaignants. Si nos plaintes n’étaient pas fondées ou pas manifestements fondées, c’est le statut de témoin assisté dont aurait bénéficié le chirurgien."

Il y a un an, une information judiciaire a été ouverte à la suite de l’enquête préliminaire depuis fin 2016 portant sur des accusations de mise en danger de la vie d’autrui et escroquerie. 27 plaintes ont été déposées. La famille de l’un des anciens patients du praticien, mort à la suite d’une opération, a elle déposé plainte pour "homicide involontaire". Le parquet de Grenoble avait donc saisi les juges d’un réquisitoire supplétif pour enquêter sur ces faits.

Fauteuil roulant et amputation

Parallèlement, le Conseil de l’Ordre des médecins a estimé que le chirurgien a eu "un comportement gravement fautif" et a suspendu le chirurgien en avril 2019. L’alerte a été donnée par la Sécurité sociale de l’Isère qui a repéré 54 cas entre 2013 et 2014 où l’état des patients ne nécessitait pas d’opérations, les "exposant à un risque injustifié". Le Conseil de l’Ordre a estimé que le praticien a commis plusieurs fautes comme le non-respect des techniques opératoires et des manquements dans le suivi post-opératoire.

Les patients du chirurgien, qui rejette ces accusations, ont témoigné d’une "vie brisée" et de "souffrances" apparues après leur opération. Certains de ces patients, qui ont dû être amputé d’un membre ou qui sont désormais en fauteuil roulant, lient leur état actuel aux opérations pratiquées par le médecin. Un septuagénaire est mort à la suite d’une intervention maintenue malgré les problèmes de santé révélés par des examens avant l’opération. Sa famille a porté plainte pour "homicide involontaire".

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier avec AFP Journaliste police-justice BFMTV