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À Marseille, Valls appelle à "casser les ghettos"

La cité de la Castellane, jeudi, à Marseille, peu après les tirs à la kalachnikov.

La cité de la Castellane, jeudi, à Marseille, peu après les tirs à la kalachnikov. - BORIS HORVAT - AFP

Des hommes cagoulés et armés ont ouvert le feu en pleine rue dans une cité sensible de Marseille, en direction de la police. Le GIPN a entièrement bouclé le secteur.

La cité de la Castellane, des quartiers Nord de Marseille, est en quasi-état de siège. Des tirs à la kalachnikov ont été entendus, lundi matin, dans ce quartier touché par des trafics de drogue.

Sept kalachnikovs et des kilos de drogue

Sept kalachnikovs et plusieurs kilos de drogue ont été retrouvés, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en fin d'après-midi. Des prélèvements ADN ont également été effectués "afin de pouvoir procéder à l'arrestation des personnes" à l'origine de cette fusillade, a-t-il également indiqué.

Les tirs visaient les forces de l'ordre, selon Pierre-Marie Bourniquel, à la tête de la direction départementale de la sécurité publique. Le GIPN est arrivé sur place pour épauler les renforts et sécuriser les lieux, tandis qu'un hélicoptère a survolé la zone.

"Il y a peu de temps, on n'aurait pas pu intervenir aussi rapidement"

Venu à Marseille pour dresser un bilan de la lutte contre la délinquance dans le département, Manuel Valls a dénoncé lundi des tirs "inacceptables".

"Il y a peu de temps, on n'aurait pas pu intervenir aussi rapidement, boucler le quartier, protéger les écoles, protéger les habitants, et s'emparer de plusieurs armes de guerre", a ajouté le Premier ministre.

"Rafale de kalchnikov"

L'alerte a été donnée par des riverains aux alentours de 10 heures. Les habitants ont signalé la présence d'"individus armés et cagoulés", selon nos informations. "Une rafale de kalachnikov" aurait ensuite été tirée en direction de la police, alors qu'une brigade arrivait sur place, accompagnée par Pierre-Marie Bourniquel, relate le directeur à BFMTV.

Samia Ghali, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône, a elle averti très tôt "le préfet de police", en indiquant que "ça allait exploser dans la cité d'une minute à l'autre, à cause de jeunes armés jusqu'aux dents, cagoulés, avec des kalachnikov en bandoulière", explique-t-elle à BFMTV. Pas très étonnée, elle raconte que "les jeunes s'entraînent au tir sur le stade" à proximité. 

"Un groupuscule de voyous sème la terreur"

"C'est un véritable fléau", indique Caroline Pozmentier, adjointe UMP au maire de Marseille. Interrogé sur les mesures à prendre dans ces cités, elle répond qu'il est indispensable "d'avoir une réponse très forte". "Dans cette cité, un groupuscule de voyous sème la terreur. Il faut qu'on les chasse, qu'on ne parte pas au bout de trois jours en les laissant en toute quiétude. Ces cités ne sont pas leur territoire, on ne peut pas laisser ces gens-là terroriser tout le monde", indique le député PS Henri Jibrayel.

Deux individus suspectés

Diego Martinez, du syndicat Unité SGP Police à Marseille, précise à BFMTV qu'il s'agirait de "deux individus qui auraient tiré avec des armes de guerre". Selon une autre source policière, "il n'y a pas eu de blessé, et il n'y a eu aucun impact sur les véhicules ni sur les bâtiments".

La zone a été placée en confinement, il n'y pas encore eu d'interpellation pour le moment mais le GIPN, aidé de la BAC, intervenait au coeur de la cité en début d'après-midi pour tenter de retrouver les auteurs. "Des CRS resteront ensuite nuit et jour durant plusieurs jours dans la Castellane", a indiqué Pierre-Marie Bourniquel.

Manuel Valls à Marseille ce lundi

Le Premier ministre Manuel Valls s'apprêtait justement à mener une visite de deux jours à Marseille pour saluer la baisse de la délinquance dans la deuxième ville de France. Le chef du gouvernement, venu de nombreuses fois dans la deuxième ville de France lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, y effectue son premier retour depuis son arrivée à Matignon. Le Premier ministre a vanté "des résultats encourageants" contre la délinquance, "sans triomphalisme".

Dans une interview à La Provence publiée en amont de sa visite, le Premier ministre s'était réjoui d'un "recul significatif de la délinquance", en citant une baisse des vols à main armée de 30% en deux ans, une diminution des violences physiques contre les personnes de 20%, et des saisies records de stupéfiants et d'armes.

A. G. avec Mélanie Bertrand et Alexis Pluyette