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À France Telecom, des départs "par la fenêtre ou par la porte"

Le Parisien a publié le compte rendu d’une réunion de cadres de France Telecom d’octobre 2006.

Le Parisien a publié le compte rendu d’une réunion de cadres de France Telecom d’octobre 2006. - -

Le Parisien a publié, ce mardi, de nouveaux documents qui renforcent la thèse de la responsabilité des dirigeants dans la vague de suicides qu'a connu l'entreprise entre 2008 et 2009.

La direction de France Telecom avait tenté d'édulcorer le contenu d'un document interne qui dérange. Le Parisien a pu se procurer le compte rendu d’une réunion de cadres de France Telecom d’octobre 2006. L'intention de l'ex-PDG du groupe, Didier Lombard, de forcer les licenciements y est clairement indiquée.

Il évoque l’objectif de supprimer 22.000 emplois. "Ce sera un peu plus dirigiste que par le passé", aurait-il dit. Une phrase surtout retient l'attention: "En 2007, je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la fenêtre ou par la porte".

"Faire disparaître les preuves accablantes"

Une version officielle sera distribuée aux cadres où la fin de la phrase "par la fenêtre ou par la porte" est enlevée. Aujourd'hui en interne, ces propos ne laissent pas de place à l'interprétation. "Ces documents sont une nouvelle fois l'illustration que la disparition des emplois était quelque chose de planifié. Quelle que soit la violence nécessaire. Il est dans la logique des anciens dirigeants de vouloir faire disparaître les preuves accablantes", a réagi Sébastien Crozier, président du CFE-CGC France Telecom-Orange.

Certains responsables auraient effectivement cherché à faire disparaitre ce document. Lorsqu’ils ont appris que le compte rendu de cette réunion avait été enregistré, ils auraient demandé à la secrétaire de le détruire, ce que contestent les anciens dirigeants du groupe.

Mis en examen pour "harcèlement moral"

Entre 2008 et 2010, 57 salariés de France Telecom se sont donné la mort. En Juillet dernier, les trois principaux dirigeants de France Telecom, l’ex-PDG Didier Lombard, l’ex n°2 Louis-Pierre Wenes et l’ancien DRH Olivier Barberot, ont été mis en examen pour "harcèlement moral".

Les plaignants souhaitent désormais que le juge fasse passer le chef d’accusation en "mise en danger de la vie d’autrui".


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Benjamin Dubois