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A Besançon, un quartier en proie à une violente guerre de gangs  

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En l'espace de deux mois, de nombreuses fusillades ont éclaté dans le quartier de Planoise, faisant de nombreux blessés collatéraux.

Les habitants de Planoise sont à bout. Depuis maintenant plusieurs semaines, ce quartier populaire du sud-ouest de Besançon, dans le département du Doubs, est le théâtre d'une guerre des gangs sur fond de trafic de stupéfiants

"N’importe qui peut être touché"

Et les dommages sont nombreux. En l'espace de deux mois, six épisodes de coups de feu ont été recensés, faisant plusieurs blessés. Lors de la plus récente, qui date du 10 janvier dernier, trois personnes ont été blessées par des hommes cagoulés

Auprès de BFMTV, Jamal, un habitant de longue date de Planoise, fait montre de son ras-le-bol et dresse un constat inquiétant. 

"On a entendu pas mal de coups de feu. Une personne a été touchée et hospitalisée. Il y a des dommages collatéraux, le 24 décembre un gamin de 14 ans a été touché. N’importe qui peut être touché, une mère de famille, un enfant qui sort de l’école", explique-t-il.  "La victime la plus touchée a été impactée par quatre tirs", reprend de son côté Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon.

"Désinhibition des délinquants"

Et les délits se multiplient dans ce quartier de près de 20.000 habitants. Fin décembre dernier, c'est la fourrière municipale de la ville, située en plein coeur de Planoise, qui a été l'objet d'un incendie volontaire

"Vers 9h30, des individus sont entrés par ruse dans la fourrière qui était fermée et ont mis le feu délibérément à une voiture qui avait été volée et récupérée par les forces de l'ordre", a expliqué le maire (LaREM) de Besançon Jean-Louis Fousseret.

Au total, ce sont 150 véhicules qui ont été détruits dans le sinistre. "Cela montre une désinhibition des délinquants qui est très préoccupante", estime le procureur. 

Deux mises en examen

La situation, extrêmement tendue, déteint sur le quotidien des habitants du quartier. 

"J’ai eu un petit jeune qui est rentré cagoulé avec des lunettes de soleil. Très certainement qu’il cherchait quelqu’un. Il était armé. On sait qu’on est pas visés mais ça fait un drôle d’effet car ce n’est pas quelque chose de normal", détaille auprès de BFMTV Mathilde, gérante d'un bar qui a failli être le théâtre d'une fusillade.

Pour autant, nombreux sont les locaux à vouloir faire entendre leur colère, et tenter de changer le quotidien de Planoise. C'est le cas de Monique, qui a crée un collectif regroupant 200 habitants et commerçants du coin. 

"C’est tous ensemble qu’il faut qu’on arrive à faire quelque chose pour créer ce lien, que les gens n’aient plus peur. C’est en se connaissant, en vivant ensemble, qu’ils peuvent ne plus avoir peur", assure-t-elle auprès de BFMTV.

Depuis le début des violences, seules deux personnes ont été mises en examen.

Hugo Septier