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7 ans de prison pour le mari jaloux qui "voulait sans vouloir" faire tuer sa femme

Une salle d'audience du tribunal correctionnel d'Evry.

Une salle d'audience du tribunal correctionnel d'Evry. - BFMTV

Le tribunal correctionnel d'Evry, dans l'Essonne, a condamné à 7 ans de prison un professeur de judo, déprimé par son divorce, qui "voulait sans vouloir" faire tuer sa femme.

Le ministère public avait requis huit ans de prison ferme à l'encontre du judoka, 44 ans, jugé ce mercredi 10 août devant le tribunal correctionnel d'Evry pour délit de "mandat criminel". Il sera finalement condamné à 7 ans de prison.

L'époux "reconnaît les faits"

Dès le début de l'audience de ce mercredi matin, l'homme "reconnaît les faits". 

A l'époque, l'épouse a quitté le domicile conjugal depuis un an, lassée des crises de jalousie de son mari, qui épiait ses comptes sur les réseaux sociaux et lui dictait ses tenues vestimentaires.

Après 20 ans de mariage et deux enfants, le prévenu supporte mal la séparation. Il programme alors à l'automne 2015 l'assassinat de sa femme qui devait être maquillé en accident de la route. Un ancien élève lui présente un homme qui se dit prêt à accomplir la basse besogne. Sauf que l'homme en question lui réclame à plusieurs reprises des acomptes. L'époux refuse de payer avant de décès de son épouse. Finalement le faux complice, arrêté pour une banale infraction au code de la route, livre aux policiers qu'on l'a mandaté pour tuer quelqu'un. Pour prouver sa bonne foi, il enregistre le judoka lors d'une nouvelle rencontre.

Il "voulait sans vouloir"

A l'audience, l'époux affirme qu'il "voulait sans vouloir" et que ses propos "n'étaient pas aussi directs". Surtout, il jure qu'à l'époque, trois mois après avoir parlé de son projet pour la première fois, celui-ci était "avorté". "Je ne serais jamais allé jusqu'au bout", insiste-t-il, bien qu'il ait dit le contraire lors de l'instruction.

Pourtant, une semaine après cet enregistrement, une nouvelle rencontre est organisée en présence d'un agent infiltré. Une nouvelle étape est franchie: le prévenu verse un acompte de 800 euros en petites coupures, présente un cliché récent de son épouse et indique le chemin qu'elle emprunte.

"Si vous vouliez tout arrêter, il suffisait de ne pas donner l'argent et la photo", lui fait remarquer le président. "Je me pose la question tous les jours", répond-il. "J'étais en face d'un voyou, je n'ai pas l'habitude d'en fréquenter", se dédouane-t-il, expliquant "avoir cédé à des menaces".

A la barre, l'épouse - la procédure de divorce est toujours en cours -, venue avec l'un de leurs deux fils, interpelle son mari: "Pourquoi as-tu voulu enlever leur mère à tes enfants? Ca je ne l'admettrai pas."Lui: "tu sais dans quel état j'étais. Je ne sais pas, (...) je ne me reconnais pas".

la rédaction avec AFP