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7.500 policiers ont crié leur colère sous les fenêtres de Taubira

Plusieurs centaines de policiers se sont rassemblés sous les fenêtres du ministère de la Justice, mercredi 14 octobre.

Plusieurs centaines de policiers se sont rassemblés sous les fenêtres du ministère de la Justice, mercredi 14 octobre. - Jacques Demarthon - AFP

Près de 7.500 policiers ont manifesté sous les fenêtres du ministère de la Justice, ce mercredi, à Paris, pour dénoncer le laxisme du système pénal et des conditions de travail "insupportables".

Ils ont exprimé leur colère sous les fenêtres de la Chancellerie. Pour la première fois depuis une manifestation contre l'ex-garde des Sceaux Robert Badinter, en 1983, des milliers de policiers en civil se sont rassemblés ce mercredi midi devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris, à l'appel de l'ensemble des syndicats de police.

Selon les chiffres de la préfecture de police de Paris, près de 7.500 manifestants sont venus exprimer leur malaise et leur colère. 

Réclamant "protection" et "reconnaissance", ils ont organisé cette manifestation exceptionnelle pour exprimer leur colère, après la grave agression de l'un des leurs, et pour dénoncer le laxisme à leurs yeux de la chaîne pénale et des conditions de travail "insupportables". 

"Police-justice: la rupture"

"Policiers en colère", ont scandé les manifestants, huant et sifflant devant le ministère, où a été accroché une banderole noire "Police-justice: la rupture". Sur les t-shirts des policiers en civil, des cibles, ou le slogan "Nous voulons protection et reconnaissance".

"Les policiers, héros du mois de janvier" après les attentats "sont devenus les oubliés de la République", s'est emporté Jean-Claude Delage pour Alliance, le premier syndicat de gardiens de la paix. "Cette mobilisation est très importante, au-delà des clivages, c'est un message fort que nous voulons, un signe du chef de l'État", a expliqué le syndicaliste, qui espère un "Grenelle de la police" et "des moyens". Il prévient: "les policiers seront de nouveau dans la rue si nous ne sommes pas entendus".

"Il faut appliquer la loi sévèrement", a réclamé de son côté Nicolas Comte pour Unité-police SGP. "Après janvier nous avions fait la demande à être reçus par Hollande, ça devait se faire et ça n'a jamais été fait. Si nous sommes reçus cela démontrera la considération pour nos collègues", a-t-il affirmé, avant que le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll annonce que le président de la République recevra les syndicats de police et de justice "la semaine prochaine".

"On attendait une prise de conscience et des améliorations qui ne pouvaient pas passer que par la mobilisation du ministre de l'Intérieur, ou de la ministre de la Justice. L'efficacité de la police, et sa capacité à remplir sa mission, c'est une chaîne qui va des policiers jusqu'aux magistrats. Et le fait que ce soit le président de la République qui prenne la main, c'est une manière de montrer que nous avons été entendus", a estimé Céline Berthon, secrétaire générale adjointe du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN), au micro de BFMTV.

Le Premier ministre Manuel Valls a par ailleurs prévu de s'exprimer ce mercredi à 14 heures sur ces sujets, en présence de la garde des Sceaux, Christiane Taubira, et du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. 

Colère dans les rangs de la police

La colère gronde dans les rangs policiers qui dénoncent, en vrac, une "explosion des violences", un "manque de moyens", des "missions peu claires" et une "absence de réponses pénales", motifs de leur mobilisation.

La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est la blessure de l'un des leurs, grièvement touché lors d'une fusillade le 5 octobre par un malfaiteur qui avait profité d'une permission de sortie de prison pour partir en cavale.

D'autres rassemblements avaient également lieu à la même heure à Ajaccio, Bastia ou encore Marseille, où quelque 250 policiers ont manifesté devant le palais de justice.

A.S. avec agences