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100.000 oeufs cassés par des producteurs en colère

Omelette géante à Carhaix.

Omelette géante à Carhaix. - -

Deuxième opération coup de poing pour les producteurs bretons d'oeufs, ce mercredi soir, à Carhaix (Finistère).

Ils sont en colère. Et en ont fait toute une omelette. Une vingtaine de producteurs d'oeufs a détruit mercredi soir "100.000 oeufs" devant le centre des impôts de Carhaix (Finistère), deuxième action de ce type cette semaine. Ils entendent ainsi protester contre la faiblesse des cours.

"On est à bout, ces oeufs-là, on est prêt à les donner à des pays en voie de développement, mais il ne faut pas qu'ils restent sur le territoire français", a déclaré mercredi soir un porte-parole des manifestants, sous couvert d'anonymat.

Faiblesse des cours

Les producteurs d'oeufs protestent depuis plusieurs mois contre la faiblesse des cours, qui ne permettent plus selon eux de couvrir la hausse des coûts de production et surtout d'amortir d'importants investissements consentis en application d'une directive européenne sur le bien-être des pondeuses, entrée en vigueur en janvier 2012.

Dans la matinée, Yves-Marie Beaudet, président de la section oeufs de l'Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne et des Pays de Loire (UGPVB), qui représente 40% de la production française d'oeufs avec 20 millions de pondeuses, avait assuré que "le prix moyen payé aux producteurs est tombé à 75 centimes le kilo (4,57 centimes par oeuf, ndlr) alors que le prix de revient est de 95 centimes". L'UGPVB avait souligné qu'elle ne s'associait pas aux opérations coup-de-poing.

Dans un communiqué publié mercredi matin, après la première action, un collectif informel de producteurs en colère avait demandé une application "au niveau national" de la réduction de 5% de la production, et la "mise à disposition par l'Etat d'un endroit pour détruire ces oeufs" avec "contrôle et suivi de la disposition". Sans suivi de cette action d'ici "dimanche", le collectif a laissé planer la menace d'une radicalisation du mouvement.

V.D. avec AFP