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Tableau de Fragonard retrouvé: dernières retouches avant l'exposition de "L'Oiseau chéri"

"L'Oiseau chéri", considéré comme perdu, sera bientôt exposé

"L'Oiseau chéri", considéré comme perdu, sera bientôt exposé - Capture BFMTV

Un chef-d’œuvre retrouvé sous une épaisse couche de vernis, bientôt exposé après des mois de restauration. "L’oiseau chéri" de Jean-Honoré Fragonard reprend vie, et BFMTV a assisté aux dernières retouches.

Chaque petit coup de pinceau est d’une extrême précision. La couleur est posée délicatement, très minutieusement; il ne faut surtout pas détériorer l’oeuvre de Jean-Honoré Fragonard. Ce tableau, "L’oiseau chéri", daterait de la fin du XVIIIe siècle et est arrivé un peu par hasard dans l’atelier de la restauratrice Isabelle Leegenhoek il y a six mois, recouvert d’une épaisse couche de vernis.

"Il était tellement épais et tellement brillant, quand on regardait le tableau on se voyait, on n’arrivait pas à rentrer dans le tableau", se souvient-elle. "Quand j’enlevais, ça faisait vraiment une différence de niveau dans le tableau. Donc je ne commençais à voir le tableau qu’une fois que j’avais enlevé ce vernis."

Un chef d'oeuvre perdu

Comme le rapporte l’AFP, les grands spécialistes du peintre Jean-Pierre Cuzin et Pierre Rosenberg avaient recherché sans succès ce tableau ayant appartenu à un grand collectionneur français du XIXe siècle, François Marcille. Il était passé en vente à Rouen en 1980 mais avait été attribué à Marguerite Gérard, belle-sœur de Fragonard. L’épais vernis et les couches de repeint avaient rendu son identification d’autant plus difficile.

Cette découverte, c’est celle de la commissaire du musée Fragonard, Carole Blumenfeld. Lorsqu’elle l’a entre les mains, il ne lui faut que quelques secondes pour comprendre qu’elle vient de dénicher un chef-d’œuvre:

"Il y a un tableau que je voulais, c’était celui-là. Et il est arrivé, un pur hasard", raconte-t-elle. Elle explique comment elle a compris à quelle peinture elle avait affaire, même si elle assure qu'"on ne voyait pas" l’œuvre derrière le vernis: "C’est très étonnant, parce qu’en fait c’est de l’intuition. On comprend ce que c’est. J’étais à quatre mètres du tableau et je me rappelle de l’émotion. C’est une émotion d’abord physique."

Car la composition rembranesque est typique du peintre. L’œuvre sera exposée dès le 25 mai à Grasse au musée dédié à l’artiste.

B.P.