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"On espère qu'on va être entendus": l'ex-miss France Marine Lorphelin, interne à l'hôpital, dénonce le manque de moyens

Marine Lorphelin

Marine Lorphelin - Loïc Venance - AFP

L'ancienne Miss France, qui effectue son internat à l'hôpital, dénonce le manque de mains et de matériel nécessaires pour répondre à l'épidémie de coronavirus.

Marine Lorphelin, Miss France 2013, effectue ses trois années d'internat en médecine à l'AP-HP. En pleine épidémie de coronavirus, la reine de beauté a évoqué la situation ce jeudi sur RTL, quelques minutes avant d'assurer l'une de ses gardes. Elle en a profité pour pointer du doigt les "conséquences sanitaires" liées au manque de moyens accordés aux hôpitaux. 

Marine Lorphelin était amenée à s'exprimer sur la plateforme Renforts-Covid, mise en place pour que des membres du personnel médical se portent volontaires pour apporter leur aide:

"C'est encourageant, mais j'ai quand même envie de dire que les soignants sont là, sont présents, alors que dans l'autre sens on a demandé une amélioration des conditions de travail, plus de moyens pour les hôpitaux, parce qu'on était déjà limite en terme de personnel et en terme de matériel. Aujourd'hui, on voit bien les conséquences sanitaires que cela a."

"Les soignants répondent à l'appel et à leur devoir, mais à un moment on espère aussi que dans l'autre sens on va être un petit peu entendus, et aussi récompensés pour ce travail."

Rationnement des blouses

Marine Lorphelin explique que les blouses et les masques sont rationnés:

"On ne peut pas en utiliser autant qu'on le devrait pour notre sécurité, pour l'hygiène."

Elle décrit une atmosphère "anxiogène" liée au nombreux décès de patients et à la fatigue accumulée:

"Les patients qui sont infectés par le Covid doivent être surveillés de très près, avec des fréquences de prises de constantes beaucoup plus intenses qu'habituellement."

D'autant que les médecins, eux aussi, craignent de contracter le virus:

"Il y a des personnes de tout âge dans le service, donc des personnes qui peuvent aussi avoir des problèmes de santé, qui sont plus fragiles que d'autres. Il y a aussi la peur de ramener le virus à la maison: au moindre symptôme, tout le monde fait attention et le personnel soignant est dépisté en cas de symptômes vraiment probants."

"Je ne travaille pas encore sept jours sur sept"

La jeune femme de 27 ans s'attend à être encore plus mobilisée dans les jours à venir: "On attend encore la vague de patients dans les prochains jours, donc on pense que l'intensité va augmenter, et là ça va peut être être encore plus difficile":

"Il y a déjà des services qui demandent du renfort. Je ne travaille pas encore sept jours sur sept, on a quand même un petit peu de repos, mais s'il le faut on viendra davantage, c'est sûr. Tous les internes sont conscients de ça, on a tous renoncé à nos congés, on accepte de faire des horaires plus larges, de finir plus tard, de faire des gardes."

"Une vraie solidarité"

Elle encourage chacun à respecter les règles d'hygiène et les mesures de confinement entrées en vigueur. Et constate "une vraie solidarité qui s'est mise en place" au sein du personnel hospitalier dès le début:

"Les infirmiers, infirmières, aide-soignants étaient en sous-nombre, vraiment débordés. Beaucoup d'entre eux se sont proposés pour venir aider en plus, sur les week-ends et sur les nuits. Donc on a aussi une vraie solidarité qui s'est mise en place."
Benjamin Pierret