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Renaud: "On ne peut pas aller mieux que moi"

Renaud, place de la République, le 7 janvier 2016, rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

Renaud, place de la République, le 7 janvier 2016, rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. - Kenzo Tribouillard - AFP

Renaud a accordé une longue interview à Didier Varrod, pour France Inter. Il y raconte son retour à la vie et à l'écriture, et montre qu'il est toujours un "chanteur énervant".

Le morceau passe en boucle sur les radios depuis mardi matin. Un nouveau single de Renaud, c'est un événement. On l'a pensé au plus mal, on l'a cru perdu, mais le voilà, de nouveau animé par l'envie d'écrire et de chanter. Dix ans après son dernier album (Rouge sang, en 2006), il revient avec un titre évocateur - Toujours debout - un album en avril, et une tournée à partir d'octobre. Il raconte cette renaissance, au micro de Didier Varrod, sur France Inter, assurant qu'il va bien, très bien, même "mieux ce serait indécent. On ne peut pas aller mieux que moi".

Il a donc la niaque, Renaud. Il raconte les années sombres "tous les jours, tous les jours au bistrot, en terrasse, été comme hiver", à l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, où il s'était retiré, le litre de Pastis par jour, mais aussi l'amour inconditionnel et indéfectibles des fans. Il parle aussi de ces médias qui l'ont "gonflé", "ils n'ont pas cessé de parler de moi, de délirer sur moi", citant les nombreuses émissions quasi nécrologiques qui lui ont été consacrées. Il leur règle d'ailleurs leur compte dans Toujours debout.

"J'ai arrêté de boire depuis 128 jours"

Le chanteur évoque également sa voix, beaucoup plus assurée que sur le titre Ta Batterie, écrit pour l'album de Grand Corps Malade. "Il se trouve que j'ai arrêté de boire, tout simplement, depuis 128 jours. (...) Quand je suis arrivé à Bruxelles (ndlr: c'est là qu'il a enregistré son album), au bout de trois jours de Ricard, de pastis, à raison d'un litre par jour, je ne pouvais pas chanter, je ne pouvais pas parler. Je bougonnais, écroulé sur un canapé et je rendais les gens malheureux autour de moi".

Et puis il y a eu le déclic, la rencontre avec un addictologue et l'arrêt soudain de l'alcool. "La voix est revenue, au bout de huit jours, je commençais à chanter, pas mal, le lendemain un peu mieux, le surlendemain, un peu mieux..."

"Ca m'a redonné le goût de l'écriture"

Il dit son bonheur de composer de nouveau de se sentir mieux, de rendre les gens heureux de le voir "dans cet état-là". "Je n'ai plus de cernes sous les yeux, je marche droit, je ne titube plus. Je marche plus vite que mes potes, même". Il évoque aussi la rencontre avec Grand Corps Malade, le slam qu'il a composé pour lui. "Ca m'a redonné le goût de l'écriture. Le dragon qui sommeillait au fond de moi s'est réveillé et a commencé à cracher sa flamme, son feu d'écriture, et en quinze jours, j'ai torché 14 chansons". 

Son prochain album contiendra donc 13 nouvelles chansons "plus une chanson cachée, qui est une chanson un peu spéciale, puisqu'il s'agit d'un slam". Et il n'a pas perdu le sens de l'humour et de la formule, Renaud, qui dit de lui: "J'étais un chanteur qui buvait, maintenant je suis un buveur qui chante".