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Disque live, album de duos, Vieilles Canailles: Eddy Mitchell, loin de la dernière séance

Eddy Mitchell le 23 novembre 2015

Eddy Mitchell le 23 novembre 2015 - Loic Venance - AFP

Alors qu'il assurait en 2010 en avoir fini avec les concerts, le chanteur français s'apprête à remonter sur scène avec ses comparses Hallyday et Dutronc, et sort en parallèle un album live tout en préparant un autre opus.

A 74 ans, Eddy Mitchell tient la forme et le haut de l'affiche: il sort ce vendredi un album live, Big Band, prépare un disque de duos et va reformer les Vieilles Canailles, avec Johnny Hallyday et Jacques Dutronc, pour une mini-tournée française l'été prochain.

Et il ne se vexe pas quand on ose lui dire qu'il a un peu menti en 2010 sur ses intentions d'en finir avec les concerts. Cette année il est en effet remonté sur scène au Palais des Sports de Paris, accompagné d'une formation big band. Un spectacle désormais gravé sur cd et dvd.

"Les bêtises vont changer"

L'homme préfère rire de ce faux adieu à la scène. Mais il précise, dans un entretien: "J'ai dit que j'arrêtais les tournées, ce n'est pas pareil. Une tournée c'est 80 dates, plus les répétitions, plus ci, plus ça... Ca, je n'en peux plus."

"Ce n'est pas que ce soit éreintant, car maintenant c'est bien organisé... Mais par contre la nuit c'est toujours la même chose. Les hôtels où on vous donne une salade gourmande à une heure du matin, ce n'est plus possible. Et puis NRJ 12 à la télé ! Horrible!", s'exclame-t-il en riant.

Pourtant Eddy Mitchell va bien reprendre la route en juin et juillet pour jouer les Vieilles Canailles, "avec les copains Johnny et Jacques", dans les plus grandes salles françaises. "Effectivement, là, je mens un petit peu. Mais bon, on rentrera tous les soirs et ça fera 14 dates sur deux mois. Alors..."

En 2014, le trio qui ne manquait pas d'espièglerie sur scène avait rempli plusieurs fois Bercy. "C'était très amusant, estime le chanteur. On ne variera d'ailleurs pas le répertoire, les gens viennent pour les tubes de chacun. Peut-être en revanche que les bêtises, elles, vont changer !"

Un projet pas facile à réaliser

Interrogé à propos de la grogne du public sur le prix élevé des places (de 85 à 235 euros), Eddy Mitchell rétorque: "Une salle comme Bercy, ça coûte 45.000 euros par jour, sans rien, sans électricité. Ajouté à cela un orchestre de 21 musiciens à 400 euros par tête avec les charges... On n'est pas là non plus pour payer tous les soirs pour chanter."

Quand on lui demande ce qui le fait encore courir après cinquante ans de carrière, Eddy Mitchell évoque "les nouveautés, les nouveaux arrangeurs, les nouveaux studios d'enregistrement, des nouvelles rencontres à faire. C'est primordial". Son prochain disque, qu'il espère mener à bien, est aussi le fruit de rencontres.

"C'est un album de duos, de mon répertoire. Le projet n'est pas facile à réaliser. Il y a Jacques Dutronc, Johnny Hallyday, mais aussi Julien Clerc, Maxime Le Forestier, Véronique Sanson aussi. Tout ça tient du pari en raison des tonalités de chacun. En plus il faut qu'ils soient libres pour enregistrer", dit l'interprète de "La fille aux yeux couleur menthe à l'eau".

"Quelques projets vagues de cinéma"

Et le cinéma dans tout ça ? "Quelques projets...", répond sans trop de conviction celui qui a obtenu le César du meilleur second rôle pour Le bonheur est dans le pré et qui présentait des westerns et autres films de l'âge d'or hollywoodien dans l'émission La Dernière Séance (1982-1998). Aurait-il aimé être Gary Cooper ou John Wayne sur un cheval, partant au loin sous un coucher de soleil à la fin d'un film?

"Quand j'étais gosse, celui qui m'impressionnait le plus, car j'aurais voulu être aussi beau que lui, c'est Stewart Granger. Ce n'était pas un grand cowboy, mais il avait une allure..."

"Enfin, oui, partir à la fin comme ça... Salut tout le monde, c'est génial", conclut Eddy Mitchell qui n'a cependant pas prévu ce type de sortie pour l'année qui vient. 

Nawal Bonnefoy avec AFP