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Avec "College Boy", Indochine choque le CSA

Le groupe Indochine s'est toujours montré engagé dans la lutte contre l'homophobie

Le groupe Indochine s'est toujours montré engagé dans la lutte contre l'homophobie - -

En quelques heures, le dernier clip du groupe Indochine, "College Boy", sorti jeudi 2 mai, a suscité la polémique. En cause: des images violentes, dénonçant le harcèlement à l’école.

Le dernier clip du groupe, College Boy, a déclenché une vague de réactions sur la toile et dans les médias. Ce deuxième extrait de l'album Black City Parade, sorti le 11 février 2013, a choqué plusieures associations.

La vidéo et la chanson de cinq minutes mettent en scène le calvaire d’un adolescent, lynché par ses camarades à cause de son homosexualité. Il finit crucifié et fusillé pendant que des élèves filment avec leur téléphone et les professeurs restent sans bouger, les yeux bandés.

"Oui à la pédagogie, non à la banalisation"

Si les images sont violentes, le groupe de rock et le réalisateur, Xavier Dolan, défendent un message clair: dénoncer l’intolérance et l’indifférence de la société sur le harcèlement,les violences à l’école et l’homophobie.

Une volonté pédagogique décriée par le monde politique et le CSA. Dénoncer la violence par la violence est, par exemple, pour Luc Chatel une manière de la banaliser.

Invité de France Info jeudi matin, l’ancien ministre de l’Education national s’est indigné des propos rapportés sur le clip: "Ce que j’entends décrire depuis ce matin me fait froid dans le dos. Imaginer un meurtre filmé au sein d’une école n’est pas acceptable."

Il reste sceptique sur l’apport pédagogique de la vidéo: "Est-ce que Mr Sirkis est le mieux placé pour définir le caractère éducatif de ces images? J’en doute.[…] Je ne suis pas sûr que la violence extrême de certaines images soient la réponse à ce phénomène."

"College boy", interdit au moins de 16 ans?

Même froideur côté CSA. Sur Europe 1, Françoise Laborde, membre de l’institution et présidente du groupe de protection du jeune public, est aussi montée aux créneaux: "On montre des images dont la violence est inestimable et il y en a assez de cette mode de la violence".

"Quand c'est extrêmement violent, ça ne peut pas être diffusé sur les antennes, donc a priori, un document comme celui-ci sera étudié en groupe de travail et il devrait y avoir au minimum une interdiction aux moins de seize ans, peut-être même dix-huit ans ", a-t-elle précisé.

Dans ce cas, le clip ne pourra pas être diffusé en journée mais seulement à partir de 22 heures.

Un clip "réaliste" soutenu par les associations

Sur Twitter, au contraire, le Refuge se réjouit de la sortie du dernier clip d’Indochine. L’association, reconnue d’utilité publique, a fait de la lutte contre l’homophobie un de ses principaux combats.

Pour que cesse l'homophobie en milieu scolaire et que réagisse @educationfrance : leparisien.fr/musique/indoch... Merci @nicolasirkis!!
— Le Refuge (@_LeRefuge) 2 mai 2013
Rappelons que l'Education Nationale a refusé d'agréer @_lerefuge pour les interventions en milieu scolaire. leparisien.fr/musique/indoch... #honteux
— Le Refuge (@_LeRefuge) 2 mai 2013

La FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves), principale fédération de parents d’élèves, comprend, elle aussi, assez bien la démarche du groupe et du réalisateur. Pour Paul Raoult, président, le clip rend compte d' "un fait de société". "Une réalité quotidienne" que les chaînes MTV, D8 et D17 ont déjà annoncé ne pas diffuser.

Alizée Golfier et Véronique Fèvre (vidéo)