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"Mignonnes": la réalisatrice a reçu des menaces de mort à cause de l'affiche conçue par Netflix

Le film Mignonnes

Le film Mignonnes - Netflix

A cause d'une affiche de son film montrant des jeunes filles dans des poses lascives, Maïmouna Doucouré a été accusée par des internautes d'"hypersexualiser" des enfants. Netflix a depuis présenté des excuses.

La réalisatrice Maïmouna Doucouré dit avoir reçu de "nombreuses menaces de mort" à cause du visuel utilisé par Netflix pour promouvoir son film Mignonnes, que la plateforme diffuse en dehors de la France.

"J'ai été la cible de beaucoup d'attaques venant de personnes qui n'avaient pas vu le film, qui pensaient que j'avais réellement réalisé un film qui défendait l'hypersexualisation des enfants. J'ai reçu de nombreuses menaces de mort", a raconté jeudi la cinéaste au site Deadline.

L'affiche de Netflix montrait les protagonistes du film (rebaptisé Cuties sur le marché américain), des pré-adolescentes, en tenues moulantes et dans des poses suggestives. Un visuel qui va à l'encontre du message du film, qui dénonce justement l'hypersexualisation des enfants et dresse le portrait d'une petite Parisienne de onze ans, tiraillée entre les règles d'une famille sénégalaise polygame et la tyrannie des réseaux sociaux.

Un appel personnel de Ted Sarandos

Le visuel a valu à Netflix de se voir reprocher de promouvoir la pédophilie.

"C'était une expérience étrange", raconte encore Maïmouna Doucouré. "Je n'ai découvert le visuel que lorsque j'ai commencé à voir toutes ces réactions sur les réseaux sociaux, à recevoir des messages privés d'internautes, qui m'attaquaient directement. Je n'ai pas compris ce qui se passait. C'est après que j'ai compris en découvert à quoi ressemblait l'affiche."

Mignonnes, qui a été primé à Sundance et à Berlin, a été défendu par des stars, dont Tessa Thompson, qui joue dans les populaires films de Marvel. Et Netflix a présenté ses excuses: "Nous sommes profondément désolés pour le visuel inapproprié que nous avons utilisé pour Mignonne/Cuties", a fait savoir la plateforme sur les réseaux sociaux: "Ce n'était ni bien, ni représentatif de ce film français récompensé au festival de Sundance. Nous avons modifié l'affiche et la description" de l'œuvre.

Ted Sarandos, le patron de Netflix, a aussi appelé personnellement Maïmouna Doucouré pour s'excuser. La réalisatrice n'a pas dévoilé la teneur de leur discussion, mais n'a pas de rancune envers Netflix: "Les sites de streaming sont un moyen génial pour permettre à un large public de découvrir mes histoires et de partager ce que j'ai à dire." Elle prépare d'ailleurs un nouveau film, pour une plateforme de streaming dont elle n'a pas donné le nom.

Jérôme Lachasse avec AFP