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En larmes, Maïwenn répond à la tribune sur le harcèlement sexuel et la "liberté d'importuner" 

Maïwenn dans l'émission "Stupéfiant!", le 22 janvier 2018

Maïwenn dans l'émission "Stupéfiant!", le 22 janvier 2018 - France 2

Dans l'émission Stupéfiant!, la réalisatrice française a pris la parole pour lire un texte en réponse notamment à la récente tribune signée par Catherine Deneuve.

Elle ne s'était pas encore exprimée publiquement sur le sujet. La réalisatrice française Maïwenn a finalement accepté de le faire dans l'émission Stupéfiant! diffusée ce lundi soir sur France 2 et dont la chaîne vient de dévoiler un extrait. Quelques jours après la tribune publiée dans Le Monde et signée par différentes personnalités comme Catherine Deneuve, la cinéaste, à qui l'on doit Le Bal des actrices ou Polisse, a lu devant Léa Salamé un texte sur le harcèlement sexuel et la libération de la parole des femmes après l'affaire Weinstein.

Maïwenn, qui expliquait l'été dernier être "anti-mouvement féministe", débute sa lettre ainsi: "Ecrire un film, écrire une lettre, écrire un SMS, employer des mots et des phrases qui ne veulent pas dire la même chose pour vous que pour moi. Je réclame le droit de panser mes plaies comme je le veux. Je réclame le droit de coucher avec qui je veux le temps d'une nuit sans être une femme facile quand les hommes sont des séducteurs. Je réclame le droit d'avoir du pouvoir dans mon travail sans faire peur aux hommes. Je réclame le droit d'être draguée avec maladresse, insistance et d'appeler cela 'importuner' si je le veux."

"On va y arriver"

"Je réclame qu'on ne juge pas une femme si elle a eu besoin d'écrire un livre sur son histoire de harcèlement sexuel, poursuit-elle en référence à la virulente passe d'armes entre Christine Angot et Sandrine Rousseau dans On n'est pas couché. Je réclame le droit qu'on ne juge pas une femme qui pense qu'on doit se débrouiller seule après un viol. Nous ne sommes pas tous égaux dans la douleur et dans la résilience et nous n'avons pas la même capacité mentale ou physique de nous remettre de nos traumatismes".

Très émue en lisant son texte, Maïwenn poursuit: "Ne jugeons pas des femmes intellectuelles qui prennent la parole et bousculent nos moeurs. Par pitié, arrêtons de nous juger les unes les autres". La cinéaste parvient alors difficilement à retenir ses larmes. Après s'être excusée, la voix chargée d'émotion, la réalisatrice demande à Léa Salamé de marquer une pause. 

Une fois les caméras rallumées, la réalisatrice conclut alors plus posément et un sourire retrouvé: "Quelque chose d'historique est en train de se jouer, en ce moment, alors soyons unies. Chacun doit pouvoir souffrir de ce qu'il veut, comme il veut et quand il veut. On va y arriver".

F.M.