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"Star Wars, c'est l'Iliade de notre époque"

Le squelette de "Star Wars" c'est le voyage du héros, comment un ado devient un héros, pour la première trilogie, explique Patrice Girod, spécialiste de la saga.

Le squelette de "Star Wars" c'est le voyage du héros, comment un ado devient un héros, pour la première trilogie, explique Patrice Girod, spécialiste de la saga. - -

L'exposition Star Wars Identities démarre samedi 15 février à la Cité du cinéma à Saint-Denis, au nord de Paris. A cette occasion, BFMTV.com a rencontré Patrice Girod, grand spécialiste de la saga en France et consultant de l'exposition.

Star Wars, Patrice Girod est tombé dedans quand il était petit. En 1977, il découvre le premier film de la saga. Il a 10 ans et c'est pour lui un véritable "choc culturel". Patrice Girod a créé en France LucasFilm Magazine, aujourd'hui disparu, a rencontré George Lucas, a joué les figurants sur le tournage de La Menace Fantôme, a doublé quelques voix. Il a également été commissaire de l'expo Star Wars à la Cité des sciences, en 2005. Aujourd'hui, il dirige les expositions de sciencefictionarchives.com, à qui l'on doit notamment l'expo aux musée des Arts décoratifs.

A l'occasion de l'ouverture de l'expo Star Wars Identities, samedi 15 février à la Cité du cinéma, nous lui avons demandé pourquoi, depuis plus de trente ans, la saga Star Wars remporte toujours un tel succès.

> Pourquoi Star Wars plaît-il toujours autant?

C'est un conte mythologique moderne, c'est l'Iliade de notre époque. Ca joue toujours sur les mêmes ressorts. Ca a beau être de la science fiction, un monde onirique, ce qui nous plaît dans Star Wars, c'est l'humanité de Luke Skywalker et de son père Anakin. C'est très humain, ce ne sont pas que des machines et des effets spéciaux. Le squelette du film c'est le voyage du héros, comment un ado devient un héros, pour la première trilogie. Et comment un ado devient un méchant, en faisant de mauvais choix, dans la seconde. Le thème, c'est la quête de l'identité.

Encore une fois ce sont les thèmes de la mythologie, comment le personnage quitte sa famille, affronte son père, doit le tuer. Lucas a mélangé plusieurs mythes, emprunté par exemple à la légende du roi Arthur. Sa grande force c'est de tout mélanger et d'obtenir quelque chose de cohérent.

Quand on a dix ans, on ne pense pas à tous les codes de la mythologie, mais cela a une résonance. On l'absorbe sans le savoir mais on l'absorbe. C'est ce qui fait le succès de Star Wars. Tous les autres films de science fiction, ce sont des films pop corn.

> Que dire du "clivage" entre les fans de la première et de la deuxième trilogie?

Dire "je préfère tel ou tel film", c'est normal, on a tous des goûts différents. Le tout premier de 1977 m'a marqué à jamais. Mais les enfants qui sont nés avec les nouveaux films, ceux qui ont vu Jar Jar Binks à 8 ans, continuent d'adorer Jar Jar Binks aujourd'hui, alors que les gens de ma génération ne l'aiment pas.

Et puis on oublie que les six films s'étalent sur 35 ans. George, quand il a fait les nouveaux films, avait évolué. Star Wars, ce sont des films pour les enfants, pas pour des trentenaires qui décortiquent tout. Il faut essayer de voir Star Wars comme une oeuvre globale qui s'étale sur 35 ans et toujours garder à l'esprit son âme d'enfant.

> Qu'attendez-vous des prochains épisodes?

Je suis très content qu'il y en ait de nouveaux. George Lucas avait dit qu'il n'y en aurait plus. On aura tous des déceptions, et on aura sûrement des joies. Rien ne dit que demain, ils ne vont pas faire le meilleur Star Wars. Pourquoi commencer à critiquer? On jugera sur pièce!

Star Wars, c'est la jeunesse. J. J. Abrams, qui va réaliser le prochain, est jeune, dans l'air du temps, il va je l'espère insuffler cette jeunesse. Lawrence Kasdan, scénariste de la première trilogie, est de retour, et Phil Tippett, l'inventeur du go motion [l'animation image par image, NDLR] et le roi de l'animation est aussi pressenti. C'est un message.

Magali Rangin