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Roschdy Zem: "Les César, c'est une cour de récréation"

Le réalisateur est venu présenter Chocolat lundi soir sur BFMTV. Son nouveau film retrace le parcours d'un clown noir célèbre à la Belle Epoque puis oublié. Le sujet renvoie à la place de la diversité dans la société et, plus particulièrement, dans le monde du spectacle.

Alors qu'Hollywood est en pleine crise sur la place des minorités aux Oscars, Roschdy Zem sort un film sur un clown noir adulé à la fin du XIXe siècle en France puis tomber dans les oubliettes. Ruth Elkrief a reçu le réalisateur lundi soir sur BFMTV pour parler de Chocolat. L'acteur est revenu sur son personnage principal Rafael Padilla interprété par Omar Sy. Le parcours de cet esclave affranchi fait étonnement référence au manque de reconnaissance dont se plaignent les acteurs issus de la diversité aux Etats-Unis. Un mouvement de protestation s'est levé après l'annonce des nommés aux Oscars 2016 où seuls des blancs figuraient. 

"On est tous très heureux d'y participer"

"Je n'attache pas autant d'importance aux César, que les Américains peuvent attacher aux Oscars", a tenu à préciser Roschdy Zem. Il s'est expliqué: "les César c'est une cour de récréation. On est tous très heureux d'y participer, au pas d'ailleurs". Pour le réalisateur, le problème se situe à un autre niveau: "c'est l'état de la production française qu'il faut regarder, c'est ce que reprochent les acteurs noirs américains".

Roschdy Zem a rapporté que lorsqu'il avait décidé d'être acteur "tout le monde a ri, moi le premier". Les acteurs de sa jeunesse avaient des noms sans consonance étrangère. Aujourd'hui des personnalités comme Jamel Debbouze, Gad Elmaleh ou Omar Sy permettent d'ouvrir d'autres horizons même s'il y a encore des progrès à faire.

La déchéance de nationalité "c'est de l'esbroufe"

Le réalisateur a aussi plus largement évoqué la place donnée aux personnes issues de la diversité dans la société. "Les jeunes, ce que je ressens, à l'extérieur, c'est qu'ils ont envie. On se focalise beaucoup sur une minorité alors que 'la majorité silencieuse', elle cherche du travail, elle travaille ou elle étudie", a assuré l'acteur.

Selon lui, la déchéance de nationalité "c'est de l'esbroufe, c'est de l'enfumage". Il faudrait plutôt aller chercher cette génération qui "s'est totalement intégrée et qui a envie de réussir. Il faut leur tendre la main et les aider". Le réalisateur estime d'ailleurs qu'on met beaucoup d'argent dans la sécurité, "c'est très bien mais, il faut aussi mettre beaucoup d'argent dans l'enseignement".

Elise Maillard