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Michael Fassbender, le mal aimé du box-office

Michael Fassbender dans Le Bonhomme de neige

Michael Fassbender dans Le Bonhomme de neige - Copyright Universal Pictures International France

L'acteur est à l'affiche du film Le bonhomme de neige, un thriller nordique qui a rencontré un accueil glacial au box office mondial. Depuis un an, ses différentes projets peinent à séduire, même s'il se réfugie dans les blockbusters, souvent synonymes de succès.

Il existe des stars, comme Leonardo DiCaprio, dont le nom est synonyme de succès. Chacune de leurs apparitions marque un événement et les spectateurs se bousculent dans les salles obscures pour y assister. Et il existe aussi des stars, comme Michael Fassbender, dont le nom est synonyme de talent, qu'Hollywood s'arrache, mais dont les succès se font rare au box-office. Car paradoxalement, chacune de leurs apparitions à l'écran, bien que louées par la critique, ne déchaîne pas les foules.

La preuve: entre octobre 2016 et novembre 2017, l’acteur irlandais révélé par Hunger et Inglourious Basterds a sorti cinq films: Une vie entre deux océans, Assassin’s Creed, À ceux qui nous ont offensés, Alien Covenant et Le Bonhomme de neige. Tous ont échoué au box-office mondial. Même Alien Covenant, où il tient un double rôle, n’a pas rencontré le succès escompté. C'est un cas rare dans l'histoire de Hollywood.

Selon le Guardian, le dernier acteur a avoir eu autant de malchance en si peu de temps au box-office est Jude Law. En 2004, l'acteur britannique était à l'affiche de J'adore Huckabees, d'Alfie, de Closer, d'Aviator, de Capitaine Sky et le Monde de demain et des Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire. L'échec de Capitaine Sky, par exemple, fut si retentissant que son réalisateur n'a plus jamais remis les pieds sur un plateau de cinéma. Jude Law, lui, s'en est sorti avec Sherlock Holmes.

"Il n’y a plus de place pour les stars"

L'échec des films avec Michael Fassbender est d'autant plus cuisant qu'ils ont été tournés sur une longue période. Les tournages d'Alien Covenant et du Bonhomme de neige ont eu lieu en 2016, celui d'Assassin's Creed en 2015, ceux d'À ceux qui nous ont offensés et d'Une vie entre deux océans en 2014 et celui de Song to Song en 2012. "En gros, Fassbender a eu la malchance de voir cinq ans de dur labeur régurgité d'un coup", résume sobrement le Guardian.

Selon le site Tracking Board, Michael Fassbender - à l'image de l'interprète de Thor Chris Hemsworth - est le parfait exemple de l’incompréhension des studios de l’évolution des goûts du public: "Ils essayent de nous convaincre que des acteurs comme Fassbender ou Hemsworth (...) sont la prochaine star, même ils ont oublié que (...) ce sont les concepts qui attirent désormais le public, il n’y a plus de place pour les stars", peut-on lire sur le site.

"Intégrer la franchise X-Men a été décisif dans ma carrière"

Fassbender, bien entendu, n'est pas mis au ban d'Hollywood à cause de ces échecs. Au contraire, il y est toujours considéré comme l'un des acteurs les plus en vue et les plus charismatiques du milieu. Et sa présence au générique des franchises X-Men et Alien lui garantit une certaine visibilité, comme il l'a expliqué aux Inrocks

"Intégrer la franchise X-Men a été décisif dans ma carrière, m’a apporté une fanbase colossale, une notoriété sans comparaison avec ce que j’avais connu jusque-là. ça modifie un peu tout ensuite. Ca donne de la liberté, parce que les propositions affluent, mais ça peut aussi en retrancher".

Fassbender participe d'ailleurs activement à la suite de ces deux franchises. Ridley Scott a déjà fait savoir que le prochain Alien sera centré sur les androïdes joués par Fassbender et le comédien reprendra son rôle de Magnéto dans X-Men: Dark Phoenix de Simon Kinberg, prévu pour novembre 2018.

Deux débuts de franchises ratées

Après l'échec du Bonhomme de neige, Fassbender est malgré tout à un tournant de sa carrière. Le comédien n'a jamais caché ses intentions de faire de ce thriller nordique le premier film d'une franchise. Il partageait d'ailleurs la même ambition avec Assassin's Creed, dont il a produit l'adaptation cinématographique. 

C'est le problème de Michael Fassbender. Il s’est essayé au drame romantique, au biopic, à l’adaptation de classique du théâtre et aux blockbusters, mais, depuis le succès de Shame en 2011, il peine à s'imposer et à décrocher des rôles à la hauteur de son talent. Et cherche à tout prix des franchises. 

Ses meilleurs rôles (notamment celui de Frank, où il joue le visage caché dans une tête de papier mâché) ont été dans des films au potentiel commercial restreint. Et, paradoxalement, ses plus grands succès ont été des blockbusters où il occupe un rôle secondaire. Une position qui, à terme, pourrait le fragiliser à Hollywood. 

Jérôme Lachasse