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Jeanne Moreau en 7 scènes mythiques du cinéma

Jeanne Moreau dans Journal d'une femme de chambre

Jeanne Moreau dans Journal d'une femme de chambre - Capture d'écran

De Jules et Jim à Journal d'une femme de chambre en passant par La Mariée était en noir, tour d'horizon des scènes incontournables de la carrière de Jeanne Moreau.

Jeanne Moreau, morte ce lundi à Paris à l'âge de 89 ans, a laissé dans la mémoire des cinéphiles des scènes mythiques. Voici les principales.

Dans Jules et Jim (1962) de François Truffaut 

Jules, l'Allemand, et Jim, le Français, sont des amis inséparables. Tous les deux aiment Catherine, une femme libre et moderne, mais c'est Jules qui vit avec elle. Ils sortent se promener tous les trois. Catherine est déguisée en jeune homme. Sorte de poulbot, grande casquette à carreaux sur la tête, fine moustache dessinée au-dessus des lèvres, long pull lâche, Catherine, alias Jeanne Moreau, fait la course avec Jules et Jim dans des cascades de rire sous une passerelle.

Dans Ascenseur pour l'échafaud (1958) de Louis Malle

L'amant de Jeanne Moreau, qui vient de tuer son mari, est coincé dans l'ascenseur. A l'extérieur, Jeanne Moreau l'attend. C'est la nuit. Elle déambule dans les rues, à sa recherche, dans un profond désarroi, l'air égaré, tandis que la trompette de Miles Davis déroule sa musique entêtante.

Dans Les Amants (1958) de Louis Malle 

Une jeune bourgeoise Jeanne, alias Jeanne Moreau, s'ennuie. Elle rencontre un homme qui devient son amant, après une longue nuit parsemée de déambulations dans le parc de la maison. Dans la scène d'amour finale, dénudée, le plaisir physique est évident et fait scandale.

Dans Le journal d'une femme de chambre (1964) de Luis Bunuel 

Célestine est femme de chambre dans une famille de bourgeois mesquins et frustrés. Le père, vieux monsieur courtois mais fétichiste, lui fait essayer des bottines. Célestine se plie à ses exigences avec un détachement ironique, insolent.

Dans Viva Maria (1965) de Louis Malle 

Les deux stars de l'époque, Brigitte Bardot et Jeanne Moreau, sont réunies pour un french cancan. La robe de BB craque. Les deux femmes poursuivent leur spectacle, enlevant un à un leurs vêtements en chantant "Paris sera toujours Paris". Les musiciens, ébahis, en oublient de jouer.

Dans La Mariée était en noir (1968) de François Truffaut 

Une mystérieuse femme en blanc, Julie Colère, recherche des hommes qu'elle tue de manière implacable. Le mystère est entier jusqu'à ce que, dans un flash back, durant l'agonie d'une victime, apparaisse l'horloge d'une église en gros plan. La caméra glisse le long du clocher, la musique des grandes orgues éclate tandis que des mariés sortent de l'église, descendent lentement les marches, posent pour un photographe. Un coup de feu claque. Le marié s'écroule. La scène revient en plans de plus en plus rapprochés, cadrant la jeune épouse, Jeanne Moreau.

Dans Les valseuses (1974) de Bertrand Blier 

Les deux héros, Jean-Claude (Gérard Depardieu) et Pierrot (Patrick Dewaere) cherchent une femme dont l'appétit sexuel serait aussi grand que le leur. Leur solution? Trouver une détenue, frustrée par de longues années d'enfermement. A la sortie d'une prison, ils rencontrent Jeanne (Jeanne Moreau), libérée après dix ans de détention. Après leur nuit d'amour, cette femme mûre abîmée par la vie se suicide en se tirant une balle dans le vagin, elle dont les règles s'étaient taries en prison, comme elle l'avait avoué un peu plus tôt. C'est l'une des scènes les plus marquantes de ce film qui n'en manque pourtant pas.

Nawal Bonnefoy avec AFP